{"id":581,"date":"2021-06-09T08:27:04","date_gmt":"2021-06-09T07:27:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.laicites.fr\/?p=581"},"modified":"2021-07-08T16:02:19","modified_gmt":"2021-07-08T15:02:19","slug":"enfin-un-juge-au-chevet-de-la-laicite-ca-chauffe-ou-ca-a-failli-chauffe-dans-leglise-communale-de-sezanne","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/2021\/06\/09\/enfin-un-juge-au-chevet-de-la-laicite-ca-chauffe-ou-ca-a-failli-chauffe-dans-leglise-communale-de-sezanne\/","title":{"rendered":"Enfin, un juge au \u00ab chevet \u00bb de la La\u00efcit\u00e9 : \u00ab \u00e7a chauffe \u00bb ou \u00e7a a failli chauffer dans l\u2019\u00e9glise communale de S\u00e9zanne"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Obs sous TA de Ch\u00e2lons-en-Champagne,<br>16 f\u00e9vrier 2021, Commune de S\u00e9zanne (2000329 &amp; 2000330) <\/strong><a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/J\/J-2021-TA-CHALONS-2000329.pdf\"><strong>[J-2021-TA-CHALONS-2000329]<\/strong><\/a><strong>.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Les pr\u00e9sentes observations ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9es dans le cadre de la <strong><a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/2021\/06\/09\/2e-chronique-juin-2021\/\" data-type=\"post\" data-id=\"563\">2e chronique La\u00efcit\u00e9(s)<\/a><\/strong> par le pr. Touzeil-Divina en son seul nom. Elles n\u2019engagent en rien le LAIC-La\u00efcit\u00e9(s) ni ses membres. Il s\u2019agit d\u2019une opinion personnelle et subjective assum\u00e9e.<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/500700MTD01.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-263\" width=\"349\" height=\"489\" srcset=\"http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/500700MTD01.jpg 500w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/500700MTD01-214x300.jpg 214w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/500700MTD01-43x60.jpg 43w\" sizes=\"auto, (max-width: 349px) 100vw, 349px\" \/><figcaption>par Mathieu TOUZEIL-DIVINA, professeur de droit public \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Toulouse 1 Capitole, membre du Collectif L\u2019Unit\u00e9 du Droit, membre du LAIC-La\u00efcit\u00e9(s) [photo UT1 \u00a9]<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"has-text-align-center has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading\"><strong>Enfin, un juge au \u00ab\u00a0chevet\u00a0\u00bb de la La\u00efcit\u00e9\u00a0:<br>\u00ab\u00a0\u00e7a chauffe\u00a0\u00bb ou \u00e7a a failli chauffer<br>dans l\u2019\u00e9glise communale de S\u00e9zanne<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Sans accommodements.<\/strong> Le pr\u00e9sent jugement \u2013 <em>a priori <\/em>pass\u00e9 inaper\u00e7u en doctrine et \u00e0 propos duquel nous remercions celui qui nous l\u2019a tr\u00e8s aimablement signal\u00e9 \u2013 est un cadeau pour tous les d\u00e9fenseurs de la La\u00efcit\u00e9, une \u00ab&nbsp;b\u00e9n\u00e9diction&nbsp;\u00bb pour celles et ceux attendant de la puissance publique comme de l\u2019autorit\u00e9 (sinon du pouvoir) judiciaire qu\u2019ils appliquent strictement la S\u00e9paration des Eglises et de l\u2019Etat et non (comme cela arrive encore fr\u00e9quemment) qu\u2019ils en fassent une interpr\u00e9tation \u00ab&nbsp;accommodante&nbsp;\u00bb au nom \u2013 tout \u00e0 fait audible cela dit politiquement m\u00eame si cela ne nous convainc pas juridiquement en particulier \u2013 du \u00ab&nbsp;vivre-ensemble&nbsp;\u00bb et de l\u2019\u00e9quit\u00e9. Merci donc au tribunal administratif de Ch\u00e2lons-en-Champagne<a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a> pour cette \u00ab&nbsp;le\u00e7on&nbsp;\u00bb de La\u00efcit\u00e9 dont on esp\u00e8re bien qu\u2019elle fera jurisprudence.<\/p>\n\n\n\n<p>On l\u2019aura compris, au regard du titre des pr\u00e9sentes observations, la pr\u00e9sente affaire \u00e9tait relative \u00e0 une \u00e9glise communale (d\u2019o\u00f9 le \u00ab&nbsp;chevet&nbsp;\u00bb) dont le chauffage avait conduit la commune de S\u00e9zanne et plusieurs entrepreneurs au contentieux. En l\u2019esp\u00e8ce, il s\u2019agissait d\u2019un contentieux qui aurait tr\u00e8s bien pu \u00eatre jug\u00e9 de fa\u00e7on classique au regard des r\u00e8gles de responsabilit\u00e9 d\u00e9cennale (I) jusqu\u2019\u00e0 ce que le juge y d\u00e9c\u00e8le un moyen la\u00efque d\u2019ordre public (II).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading\"><strong><em>Un contentieux pour une d\u00e9pense la\u00efque <\/em><\/strong><br><strong><em>d\u2019entretien du domaine public<\/em><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Concr\u00e8tement, la commune de S\u00e9zanne (dans la Marne, pr\u00e8s d\u2019Epernay) a demand\u00e9 en f\u00e9vrier 2020 au juge administratif de condamner solidairement des entrepreneurs ayant install\u00e9 \u2013 \u00e0 son profit et en application d\u2019engagements contractuels \u00e9mis en 2006 \u2013 une \u00ab&nbsp;moquette chauffante&nbsp;\u00bb dans une partie d\u2019un bien immobilier public&nbsp;: l\u2019\u00e9glise communale.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, avant que les magistrats chalonnais n\u2019y rel\u00e8vent d\u2019office un moyen d\u2019ordre public<a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>, le pr\u00e9sent contentieux eut pu et du para\u00eetre encore moins pr\u00e9cieux ou innovant aux yeux doctrinaux et la\u00efques qu\u2019il ne l\u2019est aujourd\u2019hui selon nous. En effet, seuls les magistrats ont d\u00e9cel\u00e9 en la mati\u00e8re une atteinte au principe de La\u00efcit\u00e9. Les parties, elles, la commune comme ses co-contractants directs ou indirects, n\u2019y voyaient aucune atteinte au principe de S\u00e9paration des Eglises et de l\u2019Etat mais seulement une question de responsabilit\u00e9 entrepreneuriale (contractuelle ou non&nbsp;? en garantie d\u00e9cennale ou non&nbsp;?) et l\u2019application, s\u2019agissant d\u2019entretien d\u2019un bien eccl\u00e9siastique communal, d\u2019une exception consacr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019\u00e9glise communale du domaine public<\/strong>. Premier point, ici non discut\u00e9 tant par les parties que par les juges mais qu\u2019il convient de rappeler dans une analyse, notamment lue par des citoyennes et des citoyens non sp\u00e9cialistes du droit public&nbsp;: oui, une \u00e9glise, un lieu encore consacr\u00e9 (et juridiquement \u00ab&nbsp;affect\u00e9&nbsp;\u00bb) au culte catholique en l\u2019occurrence, peut \u2013 si elle a \u00e9t\u00e9 construite avant la Loi du 09 d\u00e9cembre 1905<a href=\"#_ftn3\">[3]<\/a> ayant s\u00e9par\u00e9 l\u2019Etat des cultes \u2013 faire partie du domaine (y compris public) d\u2019une commune qui en a cons\u00e9quemment la charge m\u00eame s\u2019il demeure possible audit culte d\u2019en avoir l\u2019usage. C\u2019est ce qui avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vu d\u00e8s la Loi Briand <em>pr\u00e9c<\/em>. de 1905 mais qui causa tant de troubles d\u2019interpr\u00e9tation mais surtout d\u2019application qu\u2019il fallut, en 1907, prendre une nouvelle norme rappelant explicitement<a href=\"#_ftn4\">[4]<\/a> que \u00ab&nbsp;<em>les \u00e9difices affect\u00e9s \u00e0 l\u2019exercice du culte, ainsi que les meubles les garnissant, continueront, sauf d\u00e9saffectation dans les cas pr\u00e9vus par la loi du 9 d\u00e9cembre 1905, \u00e0 \u00eatre laiss\u00e9s \u00e0 la disposition des fid\u00e8les et des ministres du culte pour la pratique de leur religion<\/em>&nbsp;\u00bb. Comme le r\u00e9sume parfaitement Cl\u00e9ment Benelbaz<a href=\"#_ftn5\">[5]<\/a>, \u00ab&nbsp;<em>les \u00e9difices du culte qui appartiennent, \u00e0 la date de la loi de 1905, \u00e0 une personne publique, sont <\/em>[ainsi] <em>grev\u00e9s d\u2019une affectation cultuelle gratuite, exclusive, et surtout perp\u00e9tuelle<\/em>&nbsp;\u00bb. Concr\u00e8tement, cela implique, deux cons\u00e9quences simples&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>apr\u00e8s la Loi de 1905, aucun temple consacr\u00e9 \u00e0 un ou \u00e0 plusieurs cultes ne peut <em>a priori<a href=\"#_ftn6\"><strong>[6]<\/strong><\/a> <\/em>int\u00e9grer un domaine public&nbsp;; les cultes \u00e9tant r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 la sph\u00e8re priv\u00e9e&nbsp;;<\/li><li>en revanche, construits avant l\u2019entr\u00e9e en vigueur de la Loi de S\u00e9paration, les b\u00e2timents cultuels et en particulier les \u00e9glises communales catholiques et les biens des cultes dits concordataires, ont pu rejoindre \u2013 afin tr\u00e8s concr\u00e8tement d\u2019\u00eatre entretenus par la puissance publique reconnaissante de son histoire et l\u2019assumant \u2013 une propri\u00e9t\u00e9, un patrimoine et m\u00eame la domanialit\u00e9 publics.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Cela signifie ainsi qu\u2019encore aujourd\u2019hui la tr\u00e8s grande majorit\u00e9 des \u00e9glises communales (puisque pluris\u00e9culaires) appartient mat\u00e9riellement \u00e0 des personnes publiques (essentiellement communes et Etat) qui en ont la charge mais permettent aux cultes d\u2019en b\u00e9n\u00e9ficier tant que les biens y demeurent affect\u00e9s. C\u2019est alors ici l\u2019application de l\u2019art. 13 de la Loi Briand selon lequel&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Les \u00e9difices servant \u00e0 l&rsquo;exercice public du culte, ainsi que les objets mobiliers les garnissant, seront laiss\u00e9s gratuitement \u00e0 la disposition des \u00e9tablissements publics du culte, puis des associations appel\u00e9es \u00e0 les remplacer auxquelles les biens de ces \u00e9tablissements auront \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9s&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Travaux &amp; domaines publics<\/strong>. Il convient m\u00eame de rappeler que les biens (tant immobiliers que mobiliers) ainsi affect\u00e9s au(x) culte(s) et consacr\u00e9s comme tels avant 1905 mais pris en charge par la puissance publique propri\u00e9taire de ce patrimoine cultuel peuvent non seulement faire l\u2019objet de travaux publics mais encore \u00eatre int\u00e9gr\u00e9s dans la qualification protectrice de biens du domaine public. C\u2019est ce qui r\u00e9sulte notamment de l\u2019application combin\u00e9e des jurisprudences dites <em>Commune de Mons\u00e9gur<\/em> et <em>Carlier<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Par la premi\u00e8re<a href=\"#_ftn7\">[7]<\/a>, sur les conclusions du commissaire du gouvernement Louis Corneille, le Conseil d\u2019Etat avait affirm\u00e9, \u00e0 la suite de l\u2019accident du d\u00e9sormais c\u00e9l\u00e8bre \u00ab&nbsp;jeune Brousse&nbsp;\u00bb dans l\u2019\u00e9glise communale de Mons\u00e9gur (Gironde)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>qu&rsquo;il n&rsquo;est pas contest\u00e9 que l&rsquo;\u00e9glise appartient \u00e0 la commune de Mons\u00e9gur ; que, d&rsquo;autre part, si, depuis la loi du 9 d\u00e9cembre 1905 sur la s\u00e9paration des Eglises et de l&rsquo;Etat, le service du culte ne constitue plus un service public, l&rsquo;article 5 de la loi du 2 janvier 1907 porte que les \u00e9difices affect\u00e9s \u00e0 l&rsquo;exercice du culte continueront, sauf d\u00e9saffectation dans les cas pr\u00e9vus par la loi du 9 d\u00e9cembre 1905, \u00e0 \u00eatre laiss\u00e9s \u00e0 la disposition des fid\u00e8les et des ministres du culte pour la pratique de leur religion ; qu&rsquo;il suit de l\u00e0 que les travaux ex\u00e9cut\u00e9s dans une \u00e9glise pour le compte d&rsquo;une personne publique, dans un but d&rsquo;utilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, conservent le caract\u00e8re de travaux publics et que les actions dirig\u00e9es contre les communes \u00e0 raison des dommages provenant du d\u00e9faut d&rsquo;entretien des \u00e9glises rentrent dans la comp\u00e9tence du conseil de pr\u00e9fecture comme se rattachant \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution ou \u00e0 l&rsquo;inex\u00e9cution d&rsquo;un travail public<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, sans affirmer encore explicitement l\u2019existence d\u2019un domaine public, le juge consacrait l\u2019existence potentielle de travaux publics au nom de l\u2019utilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale de ces derniers ainsi qu\u2019un potentiel engagement de responsabilit\u00e9 publique en cas de d\u00e9faut d\u2019entretien normal de l\u2019ouvrage consid\u00e9r\u00e9. Par suite, c\u2019est de fa\u00e7on expresse par la jurisprudence <em>Carlier<a href=\"#_ftn8\"><strong>[8]<\/strong><\/a><\/em> que le juge a consacr\u00e9 l\u2019appartenance potentielle au domaine public des biens cultuels ici envisag\u00e9s et ce, alors que le service public des cultes (\u00e0 part dans quelques territoires comme l\u2019Alsace et la Moselle) n\u2019est plus cens\u00e9 exister depuis 1905.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Troublante affectation au (service public du) culte<\/strong>. C\u2019est en effet bien l\u2019affectation \u00e0 l\u2019ancien service public cultuel qui est ici, \u00e0 nos yeux, la source de toute domanialit\u00e9 et m\u00eame d\u2019essence publiques. C\u2019est bien au nom de cette affectation prot\u00e9g\u00e9e aux cultes qu\u2019un bien du patrimoine public entre en domanialit\u00e9 publique et ce, m\u00eame si officiellement il n\u2019en est rien. En effet, rappelons qu\u2019il existe deux crit\u00e8res pour qu\u2019un bien entre en domanialit\u00e9 publique&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>soit il s\u2019agit d\u2019un bien affect\u00e9 \u00e0 un service public<a href=\"#_ftn9\">[9]<\/a>&nbsp;;<\/li><li>soit il s\u2019agit d\u2019un <em>item<\/em> affect\u00e9 \u00e0 l\u2019usage direct de tous<a href=\"#_ftn10\">[10]<\/a>.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Or, ni les gouvernants ni le juge ne peuvent assumer (hors exceptions territoriales <em>pr\u00e9c<\/em>.) qu\u2019existerait apr\u00e8s 1905 un service public des cultes. Voil\u00e0 pourquoi, par exemple dans la circulaire<a href=\"#_ftn11\">[11]<\/a> du 25 mai 2009, on pr\u00e9f\u00e8re officiellement affirmer, rel\u00e8ve le professeur Koubi<a href=\"#_ftn12\">[12]<\/a>, \u00ab&nbsp;<em>qu\u2019un \u00e9difice dit cultuel appartenant \u00e0 une commune rel\u00e8ve de son domaine public \u00ab non parce qu\u2019il est affect\u00e9 \u00e0 un service public (les cultes n\u2019ont plus cette qualit\u00e9 depuis 1905), mais parce qu\u2019il est r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 l\u2019exercice d\u2019un culte ouvert \u00e0 tous et \u00e0 la disposition des fid\u00e8les par d\u00e9termination de la loi \u00bb<\/em>&nbsp;\u00bb. On l\u2019entend bien&nbsp;: ici ce n\u2019est manifestement pas le crit\u00e8re de l\u2019accessibilit\u00e9 \u00e0 tous (comme pour une voie de communication routi\u00e8re) qui est d\u00e9terminant&nbsp;\u2013 les \u00e9glises \u00e9tant du reste de moins en moins ouvertes \u00e0 tous de fa\u00e7on continue \u2013 mais bien la force de l\u2019intention et de la d\u00e9termination l\u00e9gislatives qui s\u2019imposent.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une d\u00e9pense <em>a priori<\/em> autoris\u00e9e&nbsp;: l\u2019entretien d\u2019un bien public m\u00eame eccl\u00e9siastique<\/strong>. Quoi qu\u2019il en soit, apr\u00e8s avoir reconnu que la plupart des \u00e9glises communales pouvait appartenir \u00e0 des personnes publiques et \u00eatre int\u00e9gr\u00e9e, malgr\u00e9 leur affectation continue au culte, dans le domaine public, restait \u00e0 questionner les modalit\u00e9s d\u2019entretien de ces biens particuliers. Ici, rel\u00e8ve, le dr. Benelbaz<a href=\"#_ftn13\">[13]<\/a>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>En principe, les \u00e9difices du culte qui sont la propri\u00e9t\u00e9 d\u2019une association cultuelle sont pris en charge par cette derni\u00e8re, pour la totalit\u00e9 des d\u00e9penses dues \u00e0 l\u2019entretien ou \u00e0 la conservation. Il s\u2019agit (\u2026) du pendant du principe d\u2019interdiction de subvention<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre coll\u00e8gue d\u2019ajouter alors&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Dans sa r\u00e9daction initiale, l\u2019article 19 de la loi [Briand] se terminait ainsi : \u00ab Elles [les associations cultuelles] ne pourront, sous quelque forme que ce soit, recevoir des subventions de l\u2019Etat, des d\u00e9partements ou des communes. Ne sont pas consid\u00e9r\u00e9es comme subventions des sommes allou\u00e9es pour r\u00e9parations aux monuments class\u00e9s \u00bb. Dans l\u2019esprit de Briand, cette disposition ne devait en aucun cas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une exception au principe de l\u2019article 2, dans la mesure o\u00f9 les subventions accord\u00e9es par les pouvoirs publics aux \u00ab grosses r\u00e9parations \u00bb ne seraient en aucun cas accord\u00e9es \u00ab dans l\u2019int\u00e9r\u00eat des associations cultuelles, mais dans celui des propri\u00e9taires, pour la conservation des biens dont ils recouvreront la libre disposition \u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Pourtant, une d\u00e9rogation importante a \u00e9t\u00e9 introduite par la loi du 25 d\u00e9cembre 1942<a href=\"#_ftn14\"><strong>[14]<\/strong><\/a> : son article 2 modifie l\u2019article 19 de la loi de 1905, et pr\u00e9cise que les associations cultuelles ne peuvent, \u00ab sous quelque forme que ce soit, recevoir des subventions de l\u2019Etat, des d\u00e9partements et des communes. Ne sont pas consid\u00e9r\u00e9es comme subventions les sommes allou\u00e9es pour r\u00e9parations aux \u00e9difices affect\u00e9s au culte public, qu\u2019ils soient ou non class\u00e9s monuments historiques \u00bb. La question reste par cons\u00e9quent vivace, et trouve m\u00eame \u00e0 se renouveler dans la mesure o\u00f9 elle concerne tous les cultes, et non le seul culte catholique comme c\u2019\u00e9tait le cas au d\u00e9but de la mise en \u0153uvre de la loi<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, aussi \u00e9tonnant que cela puisse peut-\u00eatre para\u00eetre, les d\u00e9penses d\u2019entretien d\u2019un b\u00e2timent public affect\u00e9 au culte sont-elles licites, assum\u00e9es et pr\u00e9vues en toute conformit\u00e9 avec la S\u00e9paration des Eglises et de l\u2019Etat au nom, <em>a priori<\/em>, de l\u2019histoire nationale et de l\u2019ancienne union entre ces m\u00eames cultes et la puissance publique. C\u2019est ce qu\u2019affirme explicitement l\u2019art. 13 <em>pr\u00e9c<\/em>. <em>in fine <\/em>de la Loi Briand en vigueur&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>L&rsquo;Etat, les d\u00e9partements, les communes et les \u00e9tablissements publics de coop\u00e9ration intercommunale pourront engager les d\u00e9penses n\u00e9cessaires pour l&rsquo;entretien et la conservation des \u00e9difices du culte dont la propri\u00e9t\u00e9 leur est reconnue par la pr\u00e9sente loi<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"700\" src=\"http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/500700SEZ01.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-586\" srcset=\"http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/500700SEZ01.jpg 500w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/500700SEZ01-214x300.jpg 214w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/500700SEZ01-43x60.jpg 43w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><figcaption>Carte postale circul\u00e9e (circa 1920) de l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;Eglise St Denis de la commune de S\u00e9zanne (Marne) (coll. perso. MTD) <\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Un contentieux de garantie d\u00e9cennale suite \u00e0 d\u00e9pense d\u2019entretien&nbsp;?<\/strong> Cela rappel\u00e9, c\u2019est donc <em>a priori <\/em>en application de l\u2019art. 13 <em>pr\u00e9c. in fine <\/em>que les parties s\u2019\u00e9taient spontan\u00e9ment engag\u00e9es pensant vraisemblablement qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une d\u00e9pense licite d\u2019entretien. A cet \u00e9gard, rel\u00e8ve m\u00eame le juge (sans encore le discuter)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>La commune de S\u00e9zanne, dans le cadre de la r\u00e9fection des installations de chauffage de l\u2019\u00e9glise Saint-Denis, a opt\u00e9 pour un syst\u00e8me de chauffage par le sol, sous forme d\u2019une moquette chauffante. La maitrise d\u2019\u0153uvre des travaux a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e au bureau d\u2019\u00e9tudes X et les travaux \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 R. H. par acte d\u2019engagement sign\u00e9 par la commune le 23 janvier 2006. Les travaux se sont d\u00e9roul\u00e9s au premier semestre 2006 et la r\u00e9ception a \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9e le 20 juin 2006. Courant 2013, a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 un chauffage insuffisant de l\u2019\u00e9difice. La commune a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des investigations et a relev\u00e9 que les \u00e9quipements \u00e9lectriques \u00e9taient d\u00e9t\u00e9rior\u00e9s \u00e0 raison de remont\u00e9es d\u2019humidit\u00e9. La commune a alors saisi le tribunal de c\u00e9ans afin qu\u2019un expert soit d\u00e9sign\u00e9. Elle a ensuite form\u00e9 un recours au fond et un recours en r\u00e9f\u00e9r\u00e9 provision tendant, sur le terrain de la responsabilit\u00e9 d\u00e9cennale des constructeurs, \u00e0 obtenir de la part du maitre d\u2019\u0153uvre et de la soci\u00e9t\u00e9 R. H., l\u2019indemnisation des pr\u00e9judices qu\u2019elle soutient avoir subis<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Par suite, c\u2019est parce que les travaux ex\u00e9cut\u00e9s au nom de cette d\u00e9pense d\u2019entretien avaient caus\u00e9 un pr\u00e9judice \u00e0 la commune propri\u00e9taire, qu\u2019elle avait cherch\u00e9 \u00e0 en obtenir r\u00e9paration au nom de la garantie d\u00e9cennale s\u2019y appliquant. Le juge \u00e9nonce en ce sens toujours <em>a priori<\/em>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>S\u2019il r\u00e9sulte des principes qui r\u00e9gissent la garantie d\u00e9cennale des constructeurs que des d\u00e9sordres apparus dans le d\u00e9lai d\u2019\u00e9preuve de dix ans, de nature \u00e0 compromettre la solidit\u00e9 de l\u2019ouvrage ou \u00e0 le rendre impropre \u00e0 sa destination dans un d\u00e9lai pr\u00e9visible, engagent leur responsabilit\u00e9, m\u00eame s\u2019ils ne se sont pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9s dans toute leur \u00e9tendue avant l\u2019expiration du d\u00e9lai de dix ans, l\u2019action en garantie d\u00e9cennale n\u2019est ouverte au ma\u00eetre de l\u2019ouvrage qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9gard des constructeurs avec lesquels le ma\u00eetre de l\u2019ouvrage a valablement \u00e9t\u00e9 li\u00e9 par un contrat de louage d\u2019ouvrage<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, celle qui pouvait para\u00eetre, de prime abord, comme une d\u00e9pense d\u2019entretien et de r\u00e9novation de l\u2019\u00e9glise communale publique va s\u2019av\u00e9rer requalifi\u00e9e par le juge.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading\"><strong><em>Un moyen d\u2019ordre public&nbsp;: la nullit\u00e9 du contrat<br>au regard de la S\u00e9paration des Eglises &amp; de l\u2019Etat<\/em><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Le recours \u00e0 l\u2019art. R. 611-7 Cja<\/strong>. Une juridiction ne peut statuer ni en-de\u00e7\u00e0 ni au-del\u00e0 de la requ\u00eate qui la saisit. C\u2019est ce que l\u2019on appelle le principe \u00ab&nbsp;<em>ne eat judex ultra petita partium<\/em> \u00bb selon lequel les juges sont \u00ab&nbsp;tenus&nbsp;\u00bb par la demande qui leur est adress\u00e9e. Ils ne peuvent ni ne doivent juger que dans le cadre pos\u00e9 par la requ\u00eate les saisissant. Ils ne peuvent ni ne doivent cons\u00e9quemment ni statuer sur d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments (<em>ultra petita<\/em>) ni oublier de r\u00e9pondre \u00e0 certains (<em>infra petita<\/em>). Pourtant, sciemment ou non, des parties peuvent omettre ou s\u2019entendre pour ne pas signaler ou requ\u00e9rir certains \u00e9l\u00e9ments qui pourraient s\u2019av\u00e9rer fondamentaux. C\u2019est la raison pour laquelle, lorsqu\u2019un moyen s\u2019av\u00e8re d\u2019ordre public, le juge peut \u00eatre conduit \u00e0 le soulever d\u2019office, malgr\u00e9 la volont\u00e9 originelle des parties, mais ce, en respectant le formalisme contradictoire \u00e9tabli par l\u2019art. R. 611-7 Cja selon lequel :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>lorsque la d\u00e9cision lui para\u00eet susceptible d&rsquo;\u00eatre fond\u00e9e sur un moyen relev\u00e9 d&rsquo;office, le pr\u00e9sident de la formation de jugement ou le pr\u00e9sident de la chambre charg\u00e9e de l&rsquo;instruction en informe les parties avant la s\u00e9ance de jugement et fixe le d\u00e9lai dans lequel elles peuvent, sans qu&rsquo;y fasse obstacle la cl\u00f4ture \u00e9ventuelle de l&rsquo;instruction, pr\u00e9senter leurs observations sur le moyen communiqu\u00e9&nbsp;<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est exactement ce qui s\u2019est produit dans cette esp\u00e8ce ainsi que l\u2019\u00e9nonce la proc\u00e9dure&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Par un courrier en date du 10 novembre 2020 les parties ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9es en application de l\u2019article R.&nbsp;611-7 du code de justice administrative que le jugement \u00e9tait susceptible d\u2019\u00eatre fond\u00e9 sur un moyen relev\u00e9 d\u2019office tir\u00e9 de l\u2019impossibilit\u00e9 pour la commune d\u2019invoquer le b\u00e9n\u00e9fice de la garantie d\u00e9cennale d\u00e8s lors qu\u2019elle est fond\u00e9e sur un contrat entach\u00e9 de nullit\u00e9 en tant qu\u2019il a pour unique objet le r\u00e9alisation d\u2019un chauffage destin\u00e9 aux seuls fid\u00e8les assistant aux offices en p\u00e9riode hivernale et m\u00e9connait ainsi la loi du 9 d\u00e9cembre 1905<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Concr\u00e8tement, nous dit alors le juge, les contrats litigieux \u00e9taient nuls car leur objet \u00e9tait illicite.<\/p>\n\n\n\n<p>On avoue avoir \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s (agr\u00e9ablement) surpris par cette initiative juridictionnelle. D\u2019habitude, le juge administratif s\u2019av\u00e8re plut\u00f4t r\u00e9ticent \u00e0 parler de La\u00efcit\u00e9 et pr\u00e9f\u00e8re, quand il le peut, s\u2019en extraire ou d\u00e9placer le d\u00e9bat contentieux sur un autre terrain. Ainsi, a-t-on d\u00e9j\u00e0 pu relever \u00e0 propos de la d\u00e9cision<a href=\"#_ftn15\">[15]<\/a> CE, Ass., 19 juillet 2011, <em>Le Mans M\u00e9tropole <\/em>o\u00f9 \u00e9tait contest\u00e9e la facult\u00e9 qu\u2019avait offerte l\u2019\u00e9tablissement public sarthois de coop\u00e9ration intercommunale (Epci) de permettre un acc\u00e8s organis\u00e9 \u00e0 un abattage rituel&nbsp;: &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab<em>&nbsp;La la\u00efcit\u00e9 aujourd\u2019hui mise en \u0153uvre (dans cet arr\u00eat mais pas seulement) n\u2019est plus du tout indiff\u00e9rente (mais peut-on l\u2019\u00eatre&nbsp;?) aux ph\u00e9nom\u00e8nes religieux. Elle prend acte de ce que la sph\u00e8re publique veut ou doit intervenir lorsqu\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne est avant tout social et concerne de plus en plus de citoyens<a href=\"#_ftn16\"><strong>[16]<\/strong><\/a>. S\u2019ensuit alors un glissement, assez fr\u00e9quent en Droit, celui de la substitution des motifs et fondements juridiques d\u2019action publique. Alors que toute la communication (du Conseil d&rsquo;Etat dans ses communiqu\u00e9s de presse, des journalistes et des coll\u00e8gues) est centr\u00e9e sur la question de la la\u00efcit\u00e9 et de ses \u00e9ventuelles atteintes, la question est comme \u2026 d\u00e9sacralis\u00e9e ou d\u00e9samorc\u00e9e. De fait, m\u00eame si juridiquement sont invoqu\u00e9s en un grand consid\u00e9rant de principe les articles 02, 13 et 19 de la Loi de 1905, le v\u00e9ritable argument juridique semble s\u00e9journer ailleurs. Sachant qu\u2019aborder de telles questions, en France, engendre presque toujours des propos sulfureux et, au moins, passionn\u00e9s, c\u2019est comme si le juge avait d\u00e9sir\u00e9 reformuler la question pos\u00e9e et y substituer un autre raisonnement&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Ainsi, c\u2019est sur le terrain de l\u2019ordre public que tout va d\u00e9sormais se jouer. En effet, apr\u00e8s avoir rappel\u00e9 que l\u2019EPCI n\u2019a que la capacit\u00e9 de financer les d\u00e9penses d\u2019entretien et de conservation d\u2019\u00e9difices cultuels&nbsp; ant\u00e9rieurs \u00e0 1905 (\u00e0 l\u2019instar, au Mans, de la Cath\u00e9drale saint Julien ou encore de la chapelle consacr\u00e9e \u00e0 sainte Scholastique), est rappel\u00e9 l\u2019interdit&nbsp;la\u00efc : \u00ab&nbsp;tu ne financeras ni n\u2019aideras aucun culte&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand le juge peut \u00e9viter de parler de La\u00efcit\u00e9, il s\u2019y r\u00e9fugie et essaie d\u2019employer des notions et\/ou des arguments \u2013 \u00e0 l\u2019instar de la d\u00e9fense de l\u2019ordre public \u2013 qui lui paraissent peut-\u00eatre plus objectifs ou moins discutables par l\u2019opinion publique et m\u00e9diatique. Dans cette esp\u00e8ce, c\u2019est exactement l\u2019inverse&nbsp;! C\u2019est le juge qui \u00e9voque puis invoque la La\u00efcit\u00e9 et son attente potentielle alors que les parties n\u2019y avaient manifestement aucunement song\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Au fond, une d\u00e9pense d\u2019entretien ou non&nbsp;?<\/strong> Arrivons-en cons\u00e9quemment \u00e0 la question de fond de la pr\u00e9sente affaire&nbsp;: comment se peut-il qu\u2019une d\u00e9pense licite au regard de l\u2019art. 13 de la Loi Briand <em>a priori <\/em>estim\u00e9e (et qualifi\u00e9e dans un premier temps) d\u2019entretien et de r\u00e9novation d\u2019un bien public devienne illicite au point qu\u2019elle entra\u00eene la nullit\u00e9 du contrat la portant&nbsp;? Il faut pour y r\u00e9pondre rappeler la jurisprudence en la mati\u00e8re. Cette derni\u00e8re repose sur les deux principes suivants&nbsp;: conserver les biens ou privil\u00e9gier l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral mais ne jamais offrir de subvention d\u00e9guis\u00e9e. Rappelons en effet que le principe est l\u2019interdiction de subvention aux cultes. Ce n\u2019est que sous exceptions encadr\u00e9es que certains montages financiers sont tol\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<ul type=\"1\" class=\"has-vivid-purple-color has-text-color wp-block-list\"><li><strong><u>L\u2019hypoth\u00e8se l\u00e9gale&nbsp;:<\/u><\/strong><br><strong><u>entretenir &amp; r\u00e9nover pour \u00ab&nbsp;conserver&nbsp;\u00bb&nbsp;: les d\u00e9penses autoris\u00e9es<\/u><\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 la premi\u00e8re hypoth\u00e8se admise et vraisemblablement celle dans laquelle les parties (et la commune au moins) se consid\u00e9rait plac\u00e9e&nbsp;: la lic\u00e9it\u00e9, au regard de l\u2019art. 13 pr\u00e9c. de d\u00e9penses publiques destin\u00e9es \u00e0 l\u2019entretien de b\u00e2timents publics m\u00eame toujours affect\u00e9s au culte. Deux articles de la Loi sont alors ici \u00e0 consid\u00e9rer&nbsp;: le 13 mais aussi le 19 (depuis 1942) pr\u00e9cit\u00e9s. D\u2019aucuns pourraient, l\u00e0 encore, s\u2019\u00e9tonner d\u2019une telle attention (pour ne pas dire faveur) de la puissance publique dite la\u00efque mais ainsi que le rappelle M. B\u00e9nelbaz, dont l\u2019expertise en la mati\u00e8re, s\u2019impose \u00e0 toutes et \u00e0 tous<a href=\"#_ftn17\">[17]<\/a>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>A l\u2019origine, les associations cultuelles devaient prendre en charge les r\u00e9parations de toute nature, les frais d\u2019assurance ainsi que les autres charges aff\u00e9rentes aux \u00e9difices et aux meubles garnissant. Comme l\u2019Eglise catholique refusa de se soumettre \u00e0 la loi, le l\u00e9gislateur dut en tirer les cons\u00e9quences et pr\u00e9voir que les personnes publiques pourraient prendre en charge ces travaux<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le juge a d\u2019ailleurs parfois tr\u00e8s largement interpr\u00e9t\u00e9 ces deux dispositions puisque sont consid\u00e9r\u00e9es licites \u00e0 cet \u00e9gard&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>toutes les d\u00e9penses qui vont mat\u00e9rialiser une utilit\u00e9 \u00e0 la conservation directe de la structure m\u00eame d\u2019un immeuble&nbsp;; il en va ainsi des travaux de conservation et de r\u00e9paration d\u2019une toiture, d\u2019un plancher, de poutres, <em>etc<\/em>.&nbsp;; tel \u00e9tait bien le cas par exemple des d\u00e9penses op\u00e9r\u00e9es par la commune de Sainte-Foy-Tarentaise cherchant \u00e0 \u00e9viter la destruction de l\u2019\u00e9glise communale d\u00e9grad\u00e9e du fait d\u2019un glissement de terrain<a href=\"#_ftn18\">[18]<\/a>.<\/li><li>ce qui peut m\u00eame comprendre des travaux moins importants comme ceux de peinture ou m\u00eame de mise en conformit\u00e9 \u00e9lectrique tant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019\u0153uvrer en faveur de la conservation des biens&nbsp;;<\/li><li>et ce, jusqu\u2019\u00e0 la (re)construction m\u00eame d\u2019un immeuble nouveau s\u2019il est \u00e9tabli que les d\u00e9penses engendr\u00e9es ne sont pas sup\u00e9rieures aux frais que conduiraient sa consolidation. C\u2019est explicitement ce dont atteste la jurisprudence <em>Ville de Cond\u00e9-sur-Noireau<a href=\"#_ftn19\"><strong>[19]<\/strong><\/a><\/em>.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>C\u2019est \u00e0 ce titre \u00ab&nbsp;conservatoire&nbsp;\u00bb, rel\u00e8ve le s\u00e9nateur Maurey, dans son rapport d\u2019information<a href=\"#_ftn20\">[20]<\/a> du 17 mars 2015 que seraient possibles et licites des d\u00e9penses y compris de chauffage \u00ab&nbsp;<em>dans la mesure o\u00f9 celles-ci sont n\u00e9cessaires \u00e0 la conservation de l&rsquo;\u00e9difice, \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 des visiteurs et ne constituent pas un simple agr\u00e9ment visant \u00e0 assurer le confort des fid\u00e8les<\/em>&nbsp;\u00bb. Et le rapport de citer en ce sens la d\u00e9cision CE, 07 mars 1947, <em>Lapeyre<\/em>. Toutefois, cette d\u00e9cision<a href=\"#_ftn21\">[21]<\/a> qui a d\u00fb \u00eatre cit\u00e9e notamment en ce sens mais parmi d\u2019autres puis reprise \u00e0 l\u2019envi sans avoir n\u00e9cessairement \u00e9t\u00e9 v\u00e9rifi\u00e9e par celles et ceux la citant ne traite aucunement de chauffage. Aucunement.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019arr\u00eat concerne (dans la lign\u00e9e exacte de la jurisprudence <em>Commune de Mons\u00e9gur pr\u00e9c.<\/em>) un accident survenu dans une \u00e9glise communale, \u00e0 Bonnut, du fait de l\u2019effondrement de l\u2019une des poutres. Le juge y confirme alors que s\u2019il y avait eu un d\u00e9faut d\u2019entretien normal de l\u2019ouvrage, alors la responsabilit\u00e9 publique aurait \u00e9t\u00e9 mise en cause.<\/p>\n\n\n\n<p>En tout \u00e9tat de cause, et pour r\u00e9sumer, sont donc licites les d\u00e9penses de conservation des biens consid\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"has-vivid-purple-color has-text-color wp-block-list\"><li><strong><u>L\u2019hypoth\u00e8se pr\u00e9torienne&nbsp;:<\/u><\/strong><br><strong><u>privil\u00e9gier l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral (touristique, culturel, <em>etc<\/em>.) incluant indirectement le cultuel<\/u><\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>En outre, a tr\u00e8s t\u00f4t affirm\u00e9 le juge administratif, si les d\u00e9penses servent prioritairement l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral du propri\u00e9taire public et qu\u2019occasionnellement, par exception, indirectement, le culte affectataire en re\u00e7oit des b\u00e9n\u00e9fices, la d\u00e9pense est \u00e9galement licite. C\u2019est ce qu\u2019a tr\u00e8s t\u00f4t affirm\u00e9 le juge administratif par sa d\u00e9cision<a href=\"#_ftn22\">[22]<\/a> dite <em>Foussard<\/em> permettant \u00e0 la commune de Villemomble de doter son \u00e9glise communale Saint-Louis d\u2019une horloge \u00e9lectrique mont\u00e9e en un campanile. Mat\u00e9riellement, c\u2019est litt\u00e9ralement un nouveau clocher qui a ici \u00e9t\u00e9 construit mais ce dernier a \u00e9t\u00e9 estim\u00e9 \u00e9rig\u00e9 dans l\u2019int\u00e9r\u00eat communal avant tout plus encore qu\u2019au b\u00e9n\u00e9fice direct et unique du culte catholique.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/PORT-FOUSS01.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-591\" width=\"546\" height=\"842\" srcset=\"http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/PORT-FOUSS01.jpg 592w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/PORT-FOUSS01-195x300.jpg 195w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/PORT-FOUSS01-39x60.jpg 39w\" sizes=\"auto, (max-width: 546px) 100vw, 546px\" \/><figcaption>Carte postale (non circul\u00e9e) (circa 1930) pr\u00e9sentant le campanile litigieux de la d\u00e9cision Foussard (coll. perso. MTD) \n<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans la m\u00eame lign\u00e9e qu\u2019un si\u00e8cle plus tard \u00e0 propos de l\u2019attribution d\u2019une subvention publique et communale \u00ab&nbsp;de 1,5 million de francs \u00e0 la Fondation Fourvi\u00e8re pour participer au financement de travaux de construction d&rsquo;un ascenseur destin\u00e9 \u00e0 faciliter l&rsquo;acc\u00e8s des personnes \u00e0 mobilit\u00e9 r\u00e9duite \u00e0 la basilique de Fourvi\u00e8re&nbsp;\u00bb, le juge a r\u00e9pondu<a href=\"#_ftn23\">[23]<\/a> qu\u2019existaient bien deux cas de figures&nbsp;: celui des d\u00e9penses de conservation \/ entretien mais aussi une seconde hypoth\u00e8se&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Consid\u00e9rant qu&rsquo;il r\u00e9sulte des dispositions pr\u00e9cit\u00e9es de la loi du 9 d\u00e9cembre 1905 que les collectivit\u00e9s publiques peuvent seulement financer les d\u00e9penses d&rsquo;entretien et de conservation des \u00e9difices servant \u00e0 l&rsquo;exercice public d&rsquo;un culte dont elles sont demeur\u00e9es ou devenues propri\u00e9taires lors de la s\u00e9paration des Eglises et de l&rsquo;Etat ou accorder des concours aux associations cultuelles pour des travaux de r\u00e9paration d&rsquo;\u00e9difices cultuels et qu&rsquo;il leur est interdit d&rsquo;apporter une aide \u00e0 l&rsquo;exercice d&rsquo;un culte<\/em>&nbsp;\u00bb ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Consid\u00e9rant, toutefois, que ces dispositions ne font pas obstacle \u00e0 ce qu&rsquo;une collectivit\u00e9 territoriale finance des travaux qui ne sont pas des travaux d&rsquo;entretien ou de conservation d&rsquo;un \u00e9difice servant \u00e0 l&rsquo;exercice d&rsquo;un culte, soit en les prenant en tout ou partie en charge en qualit\u00e9 de propri\u00e9taire de l&rsquo;\u00e9difice, soit en accordant une subvention lorsque l&rsquo;\u00e9difice n&rsquo;est pas sa propri\u00e9t\u00e9, en vue de la r\u00e9alisation d&rsquo;un \u00e9quipement ou d&rsquo;un am\u00e9nagement en rapport avec cet \u00e9difice, \u00e0 condition, en premier lieu, que cet \u00e9quipement ou cet am\u00e9nagement pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat public local, li\u00e9 notamment \u00e0 l&rsquo;importance de l&rsquo;\u00e9difice pour le rayonnement culturel ou le d\u00e9veloppement touristique et \u00e9conomique de son territoire et qu&rsquo;il ne soit pas destin\u00e9 \u00e0 l&rsquo;exercice du culte et, en second lieu, lorsque la collectivit\u00e9 territoriale accorde une subvention pour le financement des travaux, que soit garanti, notamment par voie contractuelle, que cette participation n&rsquo;est pas vers\u00e9e \u00e0 une association cultuelle et qu&rsquo;elle est exclusivement affect\u00e9e au financement du projet ; que la circonstance qu&rsquo;un tel \u00e9quipement ou am\u00e9nagement soit, par ailleurs, susceptible de b\u00e9n\u00e9ficier aux personnes qui pratiquent le culte, ne saurait, lorsque les conditions \u00e9num\u00e9r\u00e9es ci-dessus sont respect\u00e9es, affecter la l\u00e9galit\u00e9 de la d\u00e9cision de la collectivit\u00e9 territoriale<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est exactement cette hypoth\u00e8se que cite le juge marnais lorsqu\u2019il explique dans notre d\u00e9cision&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Il r\u00e9sulte des dispositions pr\u00e9cit\u00e9es de la loi du 9 d\u00e9cembre 1905 que les collectivit\u00e9s publiques peuvent seulement financer les d\u00e9penses d\u2019entretien et de conservation des \u00e9difices servant \u00e0 l\u2019exercice public d\u2019un culte dont elles sont demeur\u00e9es ou devenues propri\u00e9taires lors de la s\u00e9paration des Eglises et de l\u2019Etat ou accorder des concours aux associations cultuelles pour des travaux de r\u00e9paration d\u2019\u00e9difices cultuels et qu\u2019il leur est interdit d\u2019apporter une aide \u00e0 l\u2019exercice d\u2019un culte. Toutefois, ces dispositions ne font pas obstacle \u00e0 ce qu\u2019une collectivit\u00e9 territoriale finance des travaux qui ne sont pas des travaux d\u2019entretien ou de conservation d\u2019un \u00e9difice servant \u00e0 l\u2019exercice d\u2019un culte, en les prenant en tout ou partie en charge en qualit\u00e9 de propri\u00e9taire de l\u2019\u00e9difice, \u00e0 condition que cet \u00e9quipement ou cet am\u00e9nagement pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat public local, li\u00e9 notamment \u00e0 l\u2019importance de l\u2019\u00e9difice pour le rayonnement culturel ou le d\u00e9veloppement touristique et \u00e9conomique de son territoire et qu\u2019il ne soit pas destin\u00e9 \u00e0 l\u2019exercice du culte. La circonstance qu\u2019un tel \u00e9quipement ou am\u00e9nagement soit, par ailleurs, susceptible de b\u00e9n\u00e9ficier aux personnes qui pratiquent le culte, ne saurait, lorsque les conditions \u00e9num\u00e9r\u00e9es ci-dessus sont respect\u00e9es, affecter la l\u00e9galit\u00e9 de la d\u00e9cision de la collectivit\u00e9 territoriale<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/ITAL-SEZ01-1024x643.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-587\" width=\"710\" height=\"445\" srcset=\"http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/ITAL-SEZ01-1024x643.jpg 1024w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/ITAL-SEZ01-300x188.jpg 300w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/ITAL-SEZ01-768x482.jpg 768w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/ITAL-SEZ01-1536x965.jpg 1536w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/ITAL-SEZ01-96x60.jpg 96w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/ITAL-SEZ01.jpg 1594w\" sizes=\"auto, (max-width: 710px) 100vw, 710px\" \/><figcaption>Carte postale circul\u00e9e (circa 1920) de l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;Eglise St Denis (son ma\u00eetre-autel) de la commune de S\u00e9zanne (Marne) ; collection dite Bad\u00e9e (coll. perso. MTD) <\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Qu\u2019en \u00e9tait-il du chauffage litigieux&nbsp;?<\/strong> Plusieurs hypoth\u00e8ses s\u2019offraient au juge et la commune n\u2019avait manifestement per\u00e7u et esp\u00e9r\u00e9 que les premi\u00e8res&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>soit l\u2019on consid\u00e9rait que la d\u00e9pense de chauffage n\u2019\u00e9tait qu\u2019une r\u00e9fection d\u2019un chauffage pr\u00e9existant et en cons\u00e9quence la d\u00e9pense d\u00e9cidant de le r\u00e9nover \u00e9tait licite&nbsp;; ce sont par exemple les faits qui avaient conduit des juges lyonnais \u00e0 se prononcer (sans y voir de caract\u00e8re illicite) \u00e0 propos de la commune du Pr\u00e9aux ayant remplac\u00e9 un chauffage v\u00e9tuste par un autre dans son \u00e9glise communale<a href=\"#_ftn24\">[24]<\/a>. C\u2019est ce qu\u2019a d\u2019abord affirm\u00e9 la requ\u00e9rante dans plusieurs de ses m\u00e9moires o\u00f9 elle soutient que&nbsp;: <strong><\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>&#8211; le contrat en litige n\u2019avait pas pour objet la r\u00e9alisation d\u2019un chauffage destin\u00e9 aux fid\u00e8les, mais la r\u00e9fection des installations de chauffage de l\u2019\u00e9glise Saint-Denis ;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&#8211; le chauffage existant n\u2019\u00e9tant plus aux normes, la commune en sa qualit\u00e9 de propri\u00e9taire se devait de proc\u00e9der \u00e0 sa r\u00e9novation<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, telle n\u2019\u00e9tait pas pour le juge l\u2019hypoth\u00e8se de la commune de S\u00e9zanne puisqu\u2019il s\u2019agissait d\u2019ajouter, de cr\u00e9er, un syst\u00e8me suppl\u00e9mentaire et non uniquement d\u2019en remplacer totalement un. <strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Soit l\u2019on pouvait imaginer en application de la jurisprudence \u00ab&nbsp;<em>basilique de Fourvi\u00e8re<\/em>&nbsp;\u00bb <em>pr\u00e9c<\/em>. que serait licite une d\u00e9pense installant un nouveau chauffage dans une \u00e9glise communale non seulement parce que combattant l\u2019humidit\u00e9 il agissait pour le bien de la conservation des lieux (hypoth\u00e8se 1<sup>\u00e8re<\/sup> et l\u00e9gislative) mais encore (hypoth\u00e8se 2<sup>nde<\/sup> et pr\u00e9torienne) qu\u2019en int\u00e9grant un chauffage nouveau celui-ci allait d\u2019abord b\u00e9n\u00e9ficier \u00e0 tous les visiteurs de l\u2019\u00e9glise et, indirectement, il est vrai aux fid\u00e8les du culte catholique mais ce, de fa\u00e7on seulement incidente. Alors, effectivement, la d\u00e9pense aurait \u00e9t\u00e9 licite. <strong><\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Toutefois, va assurer le juge chalonnais, telle n\u2019\u00e9tait toujours pas ici l\u2019hypoth\u00e8se \u00e0 retenir puisque&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;&nbsp;Il r\u00e9sulte de l\u2019instruction, et notamment du cahier des clauses techniques particuli\u00e8res, que le dispositif de chauffage retenu \u00e9tait constitu\u00e9 d\u2019une natte chauffante mise en place sous un plancher construit pour la recevoir, devant les autels, sous les chaises et les bancs. Ce dispositif chauffant \u00e9tait constitu\u00e9 d\u2019un panneau en agglom\u00e9r\u00e9 sur lequel \u00e9tait plac\u00e9 un feutre qui recevait l\u2019\u00e9l\u00e9ment chauffant et les raccords \u00e9lectriques, le tout \u00e9tant recouvert d\u2019une moquette. Il r\u00e9sulte de l\u2019article 2.3 de l\u2019avant-projet sommaire que ce syst\u00e8me a \u00e9t\u00e9 retenu d\u00e8s lors qu\u2019il r\u00e9pond \u00e0 l\u2019objectif de cr\u00e9er \u00ab&nbsp;un microclimat apportant localement un confort adapt\u00e9 \u00e0 ce type d\u2019\u00e9difice et \u00e0 l\u2019utilisation qui en est faite&nbsp;: &#8211;&nbsp;usage extr\u00eamement intermittent de l\u2019ordre de quelques heures par semaines&nbsp;; &#8211;&nbsp;public v\u00eatu comme \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur&nbsp;\u00bb. Ce document pr\u00e9cise qu\u2019il n\u2019est nullement question d\u2019attendre \u00ab&nbsp;une quelconque \u00e9l\u00e9vation de la temp\u00e9rature ambiante&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Il r\u00e9sulte de l\u2019instruction que les dispositifs en cause, sont circonscrits \u00e0 l\u2019autel, aux chaises et bancs situ\u00e9s \u00e0 proximit\u00e9 et sont dimensionn\u00e9s pour n\u2019avoir \u00e0 servir que quelques heures par semaine afin de procurer une sensation de chaleur \u00e0 des personnes v\u00eatues comme \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. L\u2019expert amiable intervenu \u00e0 la demande de la commune note dans son rapport du 16&nbsp;novembre 2016 que la plancher rayonnant a pour but d\u2019\u00e9viter \u00ab&nbsp;le ressenti du froid lors des offices en p\u00e9riode hivernale&nbsp;\u00bb. Au demeurant, l\u2019expert judiciaire rel\u00e8ve quant \u00e0 lui que ce sont les fid\u00e8les qui en 2013 se sont plaints de la d\u00e9ficience du chauffage&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Et le juge de conclure au regard de l\u2019intention communale explicitement exprim\u00e9e de fournir non un chauffage global mais seulement une aide aux fid\u00e8les&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Il r\u00e9sulte de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, eu \u00e9gard \u00e0 la d\u00e9finition de l\u2019objectif auquel devait r\u00e9pondre les travaux tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 par la commune et au proc\u00e9d\u00e9 technique retenu qui ne permettait que de cr\u00e9er une zone chauff\u00e9e localis\u00e9e, que les travaux en litige \u00e9taient destin\u00e9s \u00e0 assurer un confort thermique aux fid\u00e8les assistant aux offices. D\u00e8s lors, comme il vient d\u2019\u00eatre dit que le dispositif de chauffage retenu n\u2019a pas vocation \u00e0 chauffer l\u2019\u00e9difice o\u00f9 il est install\u00e9, la commune de S\u00e9zanne n\u2019est pas fond\u00e9e \u00e0 soutenir que les travaux en litige, en chauffant et, par suite, assainissant l\u2019\u00e9difice, contribuent \u00e0 l\u2019entretien normal de l\u2019\u00e9glise dans laquelle ils sont r\u00e9alis\u00e9s. De m\u00eame les caract\u00e9ristiques techniques des nattes chauffantes ne permettent pas d\u2019\u00e9tablir que ce dispositif permettait d\u2019assurer un confort thermique, m\u00eame minimal, pour les participants aux diverses manifestations culturelles qui se d\u00e9roulent dans cet \u00e9difice. Il r\u00e9sulte de ce qui pr\u00e9c\u00e8de qu\u2019il n\u2019est pas \u00e9tabli que les travaux en cause soient n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019entretien de l\u2019\u00e9glise, ni eu \u00e9gard au b\u00e9n\u00e9fice thermique limit\u00e9 attendu du nouveau dispositif, que ce dernier contribue au rayonnement culturel ou au d\u00e9veloppement touristique et \u00e9conomique de la commune&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La juridiction en tire ensuite les cons\u00e9quences suivantes&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;dans ces circonstances, il r\u00e9sulte de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que les travaux en cause ont pour unique objectif d\u2019am\u00e9liorer le confort des fid\u00e8les qui assistent, en p\u00e9riode hivernale, aux offices cultuels&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agissait donc d\u2019une d\u00e9pense illicite puisque dissimulant une subvention directe \u00e0 un culte.<\/p>\n\n\n\n<p>En conclusion, doit-on dire que le juge (qui n\u2019\u00e9tait redisons-le pas interrog\u00e9 ou sollicit\u00e9 sur cette question de La\u00efcit\u00e9) s\u2019est m\u00eal\u00e9 de ce qui ne le regardait pas&nbsp;? Les fid\u00e8les ont pu le penser. Pire, certains pourraient m\u00eame estimer que la juridiction s\u2019est consid\u00e9r\u00e9e militante (pour ne pas dire la\u00efcarde). On ne le croit aucunement&nbsp;: d\u2019abord, parce que si le juge est convaincu de la nullit\u00e9 d\u2019un contrat, il lui incombe obligatoire (ce qui n\u2019est pas une facult\u00e9) de le signaler. En outre, on rappellera qu\u2019\u00eatre respectueux, comme ici du principe de La\u00efcit\u00e9, ne fait pas du juge chalonnais son promoteur actif et v\u00e9h\u00e9ment mais seulement, ce qui est son office, son protecteur respectueux et son garant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Vive la R\u00e9publique la\u00efque&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator is-style-default\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> A propos duquel il nous a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 permis d\u2019en signaler la haute valeur&nbsp;: Touzeil-Divina Mathieu, \u00ab&nbsp;Obs. sous CE, 14 avril 2021, <em>M. O &amp; alii<\/em> (req. 446633)&nbsp;: Utilisation confusante des couleurs nationales lors des \u00e9lections municipales&nbsp;\u00bb <em>in Jcp A&nbsp;<\/em>; 26 avril 2021.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> C\u2019est-\u00e0-dire avant de \u00ab&nbsp;<em>moper<\/em>&nbsp;\u00bb selon le barbarisme fr\u00e9quemment consacr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> Loi (dite Aristide <strong>Briand<\/strong>) du 09 d\u00e9cembre 1905 (s\u00e9paration des Eglises &amp; de l\u2019Etat)&nbsp;; reproduite dans notre \u00ab&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/reliquaire-normatif\/\"><em>cat\u00e9chisme doctrinal<\/em>&nbsp;<\/a>\u00bb sous la r\u00e9f\u00e9rence <a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/N\/N-L1905-01.pdf\">[N-L1905-01]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> Art. 05 de la Loi du 02 janvier 1907 concernant l\u2019exercice public du culte&nbsp;; <em>Jorf <\/em>03 janvier 1907, p. 34.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a> Benelbaz Cl\u00e9ment, <em>Le principe de la\u00efcit\u00e9 en droit public fran\u00e7ais<\/em> ; Paris, L\u2019Harmattan ; 2011 ; coll. Logiques juridiques ; p. 475.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a> On dit <em>a priori <\/em>car il y a \u00e9videmment des exceptions \u00e0 l\u2019instar de l\u2019existence de lieux d\u00e9di\u00e9s au repos spirituel dans des services publics aux acc\u00e8s r\u00e9glement\u00e9s et au sein desquels les usagers ne peuvent rentrer et sortir selon leur seule volont\u00e9 (prisons, \u00e9tablissements scolaires, h\u00f4pitaux et m\u00eame a\u00e9roports).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\">[7]<\/a> <a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/J\/J-1921-CE-45681.pdf\"><strong>CE, 10 juin 1921, <em>Commune de Mons\u00e9gur&nbsp;<\/em>; Rec. 573<\/strong><\/a>&nbsp;; concl. Corneille au <em>Sirey <\/em>1921&nbsp;; III&nbsp;; p. 49 &amp; nos obs. <em>in Des Objets du Droit Administratif&nbsp;<\/em>; le Doda&nbsp;; vol. I&nbsp;; Toulouse, L\u2019Epitoge&nbsp;; 2020&nbsp;; ; <a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/J\/J-1921-CE-45681.pdf\">[J-1921-CE-45681]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\">[8]<\/a> <a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/J\/J-1949-CE-77441.pdf\"><strong>CE, Ass., 18 novembre 1949, <em>Carlier<\/em><\/strong>&nbsp;<\/a>; Rec. 573&nbsp;; <a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/J\/J-1949-CE-77441.pdf\">[J-1949-CE-77441]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\">[9]<\/a> La l\u00e9gislation en vigueur y ajoute m\u00eame, depuis la promulgation du Code g\u00e9n\u00e9ral de la Propri\u00e9t\u00e9 des personnes publiques (CG3P), la n\u00e9cessaire existence d\u2019un \u00ab&nbsp;am\u00e9nagement indispensable&nbsp;\u00bb \u00e0 ladite ex\u00e9cution dudit service public (art. L 2111-1 Cg3p).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref10\">[10]<\/a> Ce qui r\u00e9sulte notamment (avant leur int\u00e9gration \u00e0 la norme l\u00e9gislative) des c\u00e9l\u00e8bres jurisprudences CE, Sect., 28 juin 1935, dit <em>Mar\u00e9car<\/em>&nbsp;; Rec. 734) et CE, Sect., 10 octobre 1956, <em>St\u00e9 Le B\u00e9ton<\/em>&nbsp;; Rec. 375 (\u00e0 propos desquelles, on renverra \u00e0 nos obs. <em>in Des Objets du Droit Administratif&nbsp;<\/em>; le Doda&nbsp;; vol. I&nbsp;; Toulouse, L\u2019Epitoge&nbsp;; 2020).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref11\">[11]<\/a> Circulaire du 25 mai 2009 \u00ab&nbsp;Edifices du culte : propri\u00e9t\u00e9, construction, r\u00e9paration et entretien, r\u00e8gles d\u2019urbanisme, fiscalit\u00e9&nbsp;\u00bb ; NOR\/IOCD0910906C.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref12\">[12]<\/a> Koubi Genevi\u00e8ve, \u00ab&nbsp;Les \u00e9difices du culte sous \u00e9clairage administratif Circ. 25 mai 2009 &#8211; Edifices du culte : propri\u00e9t\u00e9, construction, r\u00e9paration et entretien, r\u00e8gles d\u2019urbanisme, fiscalit\u00e9&nbsp;\u00bb <em>in Droit cri-TIC&nbsp;<\/em>; en ligne au 31 mai 2009&nbsp;: <a href=\"https:\/\/koubi.fr\/spip.php?article277#nb8\">https:\/\/koubi.fr\/spip.php?article277#nb8<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref13\">[13]<\/a> <em>Op. cit.&nbsp;<\/em>; p. 470.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref14\">[14]<\/a> Loi n\u00b01114 du 25 d\u00e9cembre 1942 portant modification de la loi du 9 d\u00e9cembre 1905 relative \u00e0 la s\u00e9paration des Eglises et de l\u2019Etat, J.O. de l\u2019Etat fran\u00e7ais, 2 janvier 1943, n\u00b02, p. 17.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref15\">[15]<\/a> Req. n\u00b0309161&nbsp;; Rec. 370&nbsp;; Touzeil-Divina Mathieu, \u00ab&nbsp;La\u00efcit\u00e9 latitudinaire&nbsp;\u00bb <em>in Recueil Dalloz<\/em> 2011, n\u00b034&nbsp;;&nbsp; p. 2375 et s.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref16\">[16]<\/a> C\u2019est d\u2019ailleurs notamment en ce sens que s\u2019est prononc\u00e9 le pr\u00e9sident Sauv\u00e9 lorsqu\u2019il a pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la presse les cinq d\u00e9cisions du 19 juillet 2011 comme le \u00ab <em>signe d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise qui s&rsquo;est complexifi\u00e9e, avec l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;autres religions, les nouveaux pouvoirs des collectivit\u00e9s. Signe aussi d&rsquo;un recours plus fr\u00e9quent au juge sur ces questions<\/em> \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref17\">[17]<\/a> <em>Op. cit.&nbsp;<\/em>; p. 485.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref18\">[18]<\/a> CE, 24 d\u00e9cembre 1926, <em>Constantin Empereur&nbsp;<\/em>; Rec. 1138.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref19\">[19]<\/a> CE, Ass., 22 janvier 1937, <em>Commune de Cond\u00e9-sur-Noireau&nbsp;<\/em>; Rec. 87.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref20\">[20]<\/a> Rapport \u00e9tabli au nom de la d\u00e9l\u00e9gation aux collectivit\u00e9s territoriales et \u00e0 la d\u00e9centralisation sur le financement des lieux de culte&nbsp;; n\u00b0345&nbsp;; disponible en ligne&nbsp;: <a href=\"https:\/\/www.senat.fr\/rap\/r14-345\/r14-3451.pdf\">https:\/\/www.senat.fr\/rap\/r14-345\/r14-3451.pdf<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref21\">[21]<\/a> CE, Sect., 07 mars 1947, <em>Lapeyre<\/em>, Rec., p. 104.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref22\">[22]<\/a> CE, 20 novembre 1929, <em>Foussard<\/em>, Rec. p. 999.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref23\">[23]<\/a> CE, Ass., 19 juillet 2011, <em>F\u00e9d\u00e9ration de la libre pens\u00e9e et de l\u2019action sociale du Rh\u00f4ne &amp; alii&nbsp;<\/em>; req. 308817.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref24\">[24]<\/a> CAA de Lyon, 4<sup>e<\/sup> chambre, 25 septembre 2008,<em> Soci\u00e9t\u00e9 Gouilloud<\/em> (req. 05LY01667).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Obs sous TA de Ch\u00e2lons-en-Champagne,16 f\u00e9vrier 2021, Commune de S\u00e9zanne (2000329 &amp; 2000330) [J-2021-TA-CHALONS-2000329]. Les pr\u00e9sentes observations ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9es dans le cadre de la 2e chronique La\u00efcit\u00e9(s) par le pr. Touzeil-Divina en son seul nom. Elles n\u2019engagent en rien le LAIC-La\u00efcit\u00e9(s) ni ses membres. Il s\u2019agit d\u2019une opinion personnelle et subjective assum\u00e9e. 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