{"id":421,"date":"2021-04-30T18:39:06","date_gmt":"2021-04-30T16:39:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.laicites.fr\/?p=421"},"modified":"2021-05-06T15:07:05","modified_gmt":"2021-05-06T13:07:05","slug":"une-sainte-laique-selon-le-ta-de-nimes-genevieve-les-gendarmes-du-gard","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/2021\/04\/30\/une-sainte-laique-selon-le-ta-de-nimes-genevieve-les-gendarmes-du-gard\/","title":{"rendered":"Une sainte la\u00efque selon le TA de N\u00eemes : Genevi\u00e8ve &#038; les gendarmes du Gard"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"has-text-align-center has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading\"><strong>Observations communes sous<br><\/strong>TA de N\u00eemes, [req. 1900022] <br>19 f\u00e9vrier 2021,<br><strong><em>Association La libre pens\u00e9e du Gard&nbsp;<\/em><\/strong>;<br> <a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/J\/J2021-TA-NIMES-1900022.pdf\">[J2021-TA-NIMES-1900022]<\/a>&nbsp;;<\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"700\" src=\"http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/500700CB01.jpg\" alt=\"\" data-id=\"350\" data-full-url=\"http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/500700CB01.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.laicites.fr\/500700cb01\/\" class=\"wp-image-350\" srcset=\"http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/500700CB01.jpg 500w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/500700CB01-214x300.jpg 214w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/500700CB01-43x60.jpg 43w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><figcaption class=\"blocks-gallery-item__caption\">Cl\u00e9ment BENELBAZ, ma\u00eetre de conf\u00e9rences en droit public, Universit\u00e9 Savoie Mont-Blanc, Centre de recherche en Droit Antoine Favre, Collectif L\u2019Unit\u00e9 du Droit<\/figcaption><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"700\" src=\"http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/500700MTD01.jpg\" alt=\"\" data-id=\"263\" data-full-url=\"http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/500700MTD01.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.laicites.fr\/500700mtd01\/\" class=\"wp-image-263\" srcset=\"http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/500700MTD01.jpg 500w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/500700MTD01-214x300.jpg 214w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/500700MTD01-43x60.jpg 43w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><figcaption class=\"blocks-gallery-item__caption\">Mathieu TOUZEIL-DIVINA, professeur de droit public \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Toulouse 1 Capitole, membre du Collectif L\u2019Unit\u00e9 du Droit, membre du LAIC-La\u00efcit\u00e9(s) [photo UT1 \u00a9]<\/figcaption><\/figure><\/li><\/ul><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-red-color has-light-green-cyan-background-color has-text-color has-background\"><strong>Sainte Genevi\u00e8ve K., merci(s)&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si Dieu existe (et on prendra l\u2019hypoth\u00e8se positive ou n\u00e9gative comme ici non discut\u00e9e), il aura \u00e9t\u00e9 singuli\u00e8rement malicieux en permettant &#8211; en hommage \u00e0 \u00ab&nbsp;la&nbsp;\u00bb sp\u00e9cialiste des circulaires devenues lignes directrices ainsi qu\u2019aux principes d\u2019Egalit\u00e9, de neutralit\u00e9 et de la\u00efcit\u00e9 \u2013 l\u2019existence du pr\u00e9sent contentieux qui m\u00eale non seulement circulaires et principes la\u00efques mais encore le pr\u00e9nom de l\u2019int\u00e9ress\u00e9 sanctifi\u00e9. C\u2019est donc tout naturellement et respectueusement que les pr\u00e9sentes observations sont d\u00e9di\u00e9es au professeur Genevi\u00e8ve Koubi qui a su ouvrir tant de portes<a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a> \u2013 parfois ferm\u00e9es ou seulement entrouvertes \u2013 sur ces questionnements tant juridiques que r\u00e9publicains.<\/p>\n\n\n\n<p>Sainte la\u00efque Genevi\u00e8ve K., priez donc pour nous en acceptant cette offrande quasi-doctrinale.<\/p>\n\n\n\n<p>Pass\u00e9e la d\u00e9dicace, venons-en aux faits&nbsp;: comme dans de nombreux corps d\u2019armes et\/ou de soldats dits du feu, l\u2019usage (sans que l\u2019on sache toujours \u00e0 quand il remonte vraiment, ce que l\u2019on ne manquera pas, du reste, de discuter ci-apr\u00e8s) a \u00e9t\u00e9 pris non seulement de choisir un \u00ab&nbsp;saint patron&nbsp;\u00bb ou en l\u2019occurrence une \u00ab&nbsp;sainte patronne&nbsp;\u00bb comme l\u2019on choisirait, symboliquement et presque innocemment, une mascotte mais encore de v\u00e9n\u00e9rer et de prier ledit personnage sanctifi\u00e9 en y mettant une intention clairement religieuse. Qu\u2019on songe ainsi \u00e0 la sainte Barbe des sapeurs-pompiers ou, comme en l\u2019esp\u00e8ce, \u00e0 la sainte Genevi\u00e8ve de plusieurs femmes et hommes d\u2019armes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-red-color has-light-green-cyan-background-color has-text-color has-background\"><strong>Une sainte Genevi\u00e8ve c\u00e9l\u00e9br\u00e9e par des fonctionnaires militaires<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>En l\u2019occurrence, c\u2019est la la\u00efque gendarmerie du Gard (dont le si\u00e8ge est \u00e0 N\u00eemes, en Occitanie, rue\u2026 sainte Genevi\u00e8ve&nbsp;!) qui a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019organiser le 30 novembre 2018 une manifestation plac\u00e9e sous le patronage de \u00ab&nbsp;sa&nbsp;\u00bb sainte pr\u00e9cit\u00e9e<a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a> en offrant non seulement un traditionnel moment de convivialit\u00e9 (ce dont on ne saurait la bl\u00e2mer) mais surtout en le faisant pr\u00e9c\u00e9der d\u2019un office religieux mat\u00e9rialis\u00e9 non dans l\u2019enceinte militaire par un aum\u00f4nier institu\u00e9 mais dans une \u00e9glise, ouverte au public, de N\u00eemes<a href=\"#_ftn3\">[3]<\/a> o\u00f9 un pr\u00eatre \u00e9tait charg\u00e9 du culte et o\u00f9 l\u2019ensemble des agents militaires \u00e9tait convi\u00e9 \u00e0 participer, sur leur temps de travail et en uniformes.<\/p>\n\n\n\n<p>Y d\u00e9celant une atteinte aux principes de neutralit\u00e9 et de la\u00efcit\u00e9 mais encore un manquement aux obligations de r\u00e9serve des fonctionnaires militaires, une association (celle de la Libre pens\u00e9e du Gard) a cherch\u00e9 \u2013 pour l\u2019avenir plus encore que pour le pass\u00e9<a href=\"#_ftn4\">[4]<\/a> \u2013 \u00e0 contester la l\u00e9galit\u00e9 d\u2019un tel \u00e9v\u00e9nement dont elle s\u2019\u00e9tait \u00e9mue (par un recours gracieux dat\u00e9 du 14 novembre 2018). La requ\u00e9rante esp\u00e9rait alors obtenir trois condamnations&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>qu\u2019il soit rappel\u00e9 aux agents leur \u00ab&nbsp;devoir de r\u00e9serve&nbsp;\u00bb et cons\u00e9quemment que le rejet qui lui avait \u00e9t\u00e9 implicitement mat\u00e9rialis\u00e9 par le chef du groupement d\u00e9partemental de gendarmerie soit annul\u00e9&nbsp;;<\/li><li>que l\u2019autorisation, d\u00e9livr\u00e9e par ce m\u00eame chef de service \u00e0 ces agents, d\u2019assister \u00e0 l\u2019office religieux soit prohib\u00e9e&nbsp;;<\/li><li>et que la partie condamn\u00e9e en supporte les frais (art. L. 761-1 Cja).<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-red-color has-text-color\"><strong>Le rejet attendu de la premi\u00e8re pr\u00e9tention<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, ce fut en vain puisque l\u2019association ne sera suivie sur aucun point par le juge n\u00eemois. Par ailleurs, ainsi que le rel\u00e8vent tr\u00e8s justement les juges du fond dans leurs premiers consid\u00e9rants&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Par un courrier du 14 novembre 2018 adress\u00e9 au chef du groupement de gendarmerie du Gard, le pr\u00e9sident de l\u2019association La Libre Pens\u00e9e du Gard a contest\u00e9 la participation des gendarmes \u00e0 une c\u00e9r\u00e9monie religieuse c\u00e9l\u00e9br\u00e9e en l\u2019honneur de sainte Genevi\u00e8ve et a demand\u00e9 que soit rappel\u00e9 aux militaires des compagnies et escadrons du ressort leur devoir de r\u00e9serve, notamment en mati\u00e8re religieuse<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Et, m\u00eame si, \u00ab&nbsp;par une lettre du 23 novembre 2018, le chef du groupement de gendarmerie du Gard a&nbsp;\u00bb effectivement \u00ab&nbsp;rappel\u00e9 les principes et conditions de la pratique religieuse&nbsp;\u00bb selon lui \u00ab&nbsp;au sein des forces arm\u00e9es&nbsp;\u00bb, il n\u2019a pas r\u00e9pondu \u00e0 l\u2019association requ\u00e9rante mais m\u00eame si celle-ci a requis \u00ab&nbsp;l\u2019annulation du rejet implicite de sa demande ainsi que de l\u2019autorisation donn\u00e9e par le chef du groupement d\u00e9partemental de gendarmerie du Gard aux gendarmes du Gard d\u2019assister, pendant les heures de service et en uniforme, \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie religieuse dite de la sainte Genevi\u00e8ve&nbsp;\u00bb, sur le premier point (seulement), il y avait une difficult\u00e9 en mati\u00e8re de recevabilit\u00e9 contentieuse.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, \u00ab&nbsp;<em>eu \u00e9gard \u00e0 son impr\u00e9cision et \u00e0 son caract\u00e8re purement d\u00e9claratif<\/em>&nbsp;\u00bb, la demande originelle de la requ\u00e9rante en date du 14 novembre 2018 et \u00ab&nbsp;<em>tendant \u00e0 ce que soit rappel\u00e9 aux militaires des compagnies et escadrons du Gard leur devoir de r\u00e9serve<\/em>&nbsp;\u00bb, n\u2019a pas fait na\u00eetre de d\u00e9cision implicite de rejet faisant grief. Et d\u2019ajouter par suite qu\u2019\u00e0 \u00ab&nbsp;<em>supposer que l\u2019association requ\u00e9rante ait entendu demander l\u2019annulation du courrier de r\u00e9ponse du 23 novembre 2018 du chef du groupement de gendarmerie du Gard, cette lettre \u00e0 caract\u00e8re informatif est pareillement insusceptible de faire l\u2019objet d\u2019un recours pour exc\u00e8s de pouvoir<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur ce point, il est vrai, on attendait peu du juge qu\u2019il ouvr\u00eet grandes les portes de son pr\u00e9toire pour accueillir une demande aussi peu pr\u00e9cise. En revanche, restait \u00e0 examiner la l\u00e9galit\u00e9 m\u00eame de l\u2019autorisation de participation des gendarmes \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie du 30 novembre 2018 sp\u00e9cialement dans son versant religieux. Discutons-en donc.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/PORT-STEG01-677x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-425\" width=\"437\" height=\"661\" srcset=\"http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/PORT-STEG01-677x1024.jpg 677w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/PORT-STEG01-198x300.jpg 198w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/PORT-STEG01-768x1162.jpg 768w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/PORT-STEG01-40x60.jpg 40w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/PORT-STEG01.jpg 842w\" sizes=\"auto, (max-width: 437px) 100vw, 437px\" \/><figcaption>Signet \u00e0 Sainte Genevi\u00e8ve (circa 1940) <\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-red-color has-light-green-cyan-background-color has-text-color has-background\"><strong>De l\u2019obligation de r\u00e9serve &amp; de la libert\u00e9 de d\u2019opinion (et de croyance) des agents publics<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant m\u00eame de se jeter sous les fourches caudines des d\u00e9bats entre pro et ultras la\u00efques, il convient de faire \u00e9tat d\u2019une premi\u00e8re obligation applicable \u00e0 tout fonctionnaire civil ou militaire&nbsp;: celle d\u2019\u00eatre mesur\u00e9, r\u00e9serv\u00e9 dans ses expressions et ce, plus particuli\u00e8rement encore en service (m\u00eame si cela peut aussi avoir des r\u00e9percussions sur la vie personnelle, hors service, de certains agents). Cette obligation de mesure trouve sa source dans de nombreuses normes (et l\u2019on citera ci-apr\u00e8s celles sp\u00e9cialement applicables aux gendarmes) et se d\u00e9cline en plusieurs sous cat\u00e9gories d\u2019obligations qui vont s\u2019appliquer (ou non) selon les fonctions.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, d\u2019aucuns devront respecter un strict devoir de secret quand d\u2019autre devront \u00ab&nbsp;seulement&nbsp;\u00bb faire \u00e9tat de discr\u00e9tion professionnelle. Surtout, quand on envisage le devoir de r\u00e9serve des agents publics, on met d\u2019abord en avant leur mode d\u2019expression plus encore que le contenu potentiellement exprim\u00e9. En effet<a href=\"#_ftn5\">[5]<\/a>, et tout \u00e9nonc\u00e9 normatif ou doctrinal en mati\u00e8re de La\u00efcit\u00e9 commence invariablement par ce rappel&nbsp;: les agents, m\u00eame publics, ont des droits parmi lesquels non seulement celui de croire ou de ne pas croire (en ce qu\u2019ils veulent) mais encore d\u2019exprimer et de pratiquer tout culte de leur choix, \u00e0 titre personnel, hors du service. Exceptionnellement, cela dit, quelques exceptions sont reconnues \u00e0 la pratique \u2013 en service \u2013 de certains cultes et ce, en particulier lorsque les agents ou les usagers ne sont pas ou plus libres de leurs mouvements (comme en prison, dans un \u00e9tablissement scolaire, hospitalier ou encore militaire). <a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/N\/N-L1905-01.pdf\">Cette d\u00e9rogation est explicite d\u00e8s l\u2019art. 02 de la Loi dite Briand de s\u00e9paration des Eglises et de l\u2019Etat<\/a>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Pourront toutefois \u00eatre inscrites auxdits budgets les d\u00e9penses relatives \u00e0 des services d&rsquo;aum\u00f4nerie et destin\u00e9es \u00e0 assurer le libre exercice des cultes dans les \u00e9tablissements publics tels que lyc\u00e9es, coll\u00e8ges, \u00e9coles, hospices, asiles et prisons<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, il s\u2019agit bien (et par exception) d\u2019une pratique cultuelle en service et dans l\u2019\u00e9tablissement public. Hors cette hypoth\u00e8se et en cons\u00e9quence, est prohib\u00e9e toute discrimination en faveur ou au d\u00e9triment d\u2019un agent du seul fait de sa croyance religieuse r\u00e9elle ou pr\u00e9sum\u00e9e et ce, tant lors du recrutement<a href=\"#_ftn6\">[6]<\/a> que lors du d\u00e9roulement de sa carri\u00e8re<a href=\"#_ftn7\">[7]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame militaire, il est heureux que tout agent ait le droit au respect de ses opinions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-red-color has-text-color\"><strong>En revanche, en service, le pros\u00e9lytisme religieux est prohib\u00e9 aux noms des principes de La\u00efcit\u00e9 et de neutralit\u00e9 du service et des agents publics<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019agent public est donc libre de croire et qu\u2019il ne peut le lui \u00eatre reproch\u00e9 ou qu\u2019il en subisse des discriminations, en service en revanche \u2013 et \u00e0 plus forte raison encore \u2013 en pr\u00e9sence d\u2019usagers, l\u2019agent incarnant le service public doit traduire la stricte s\u00e9paration des Eglises et de l\u2019Etat et cons\u00e9quemment ne t\u00e9moigner d\u2019aucune croyance religieuse que ce soit par ses v\u00eatements, ses attitudes ou encore ses \u00e9crits et ses mots. Le principe dit constitutionnel<a href=\"#_ftn8\">[8]<\/a> de La\u00efcit\u00e9 implique donc, par ricochet, une absolue neutralit\u00e9 religieuse des services publics ce qui comprend les lieux qui les abritent<a href=\"#_ftn9\">[9]<\/a> ainsi que les agents qui les font vivre. D\u00e8s lors, les agents publics ne peuvent-ils faire \u00e9tat de leur foi.<\/p>\n\n\n\n<p>Puisqu\u2019ils incarnent la fonction et le service publics, ils doivent faire dispara\u00eetre, en service, leur identit\u00e9 et leurs croyances religieuses au seul profit de l\u2019action publique et de l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral neutres et la\u00efques. Tout comportement pros\u00e9lyte d\u2019agent public en est cons\u00e9quemment sanctionn\u00e9 ce qui est l\u2019application m\u00eame de l\u2019art. 25 de la Loi statutaire du 13 juillet 1983 pour les fonctionnaires civils ou encore de l\u2019avis <a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/J\/J2000-CE-217017.pdf\">CE, 03 mai 2000, <em>Julie Marteaux<\/em> [req. 217017]<\/a> l\u2019ayant inspir\u00e9. Est ainsi prohib\u00e9 le fonctionnaire qui fait publiquement usage de son adresse \u00e9lectronique professionnelle (engageant ainsi et <em>a minima <\/em>l\u2019image de son employeur public la\u00efque) dans un cadre associatif religieux<a href=\"#_ftn10\">[10]<\/a>. Il en est de m\u00eame de ceux distribuant en service des \u00e9crits religieux sur supports mat\u00e9riels<a href=\"#_ftn11\">[11]<\/a> ou num\u00e9riques<a href=\"#_ftn12\">[12]<\/a>. S\u2019applique \u00e9galement en la mati\u00e8re le contentieux fourni du port \u2013 interdit \u2013 des habits sacerdotaux ou religieux par des agents publics en service ce qui est, par exemple, le cas du <em>hidjab<\/em> et ce, non seulement dans des services publics g\u00e9r\u00e9s par des personnes publiques<a href=\"#_ftn13\">[13]<\/a> mais encore \u2013 m\u00eame \u2013 par des personnes priv\u00e9es<a href=\"#_ftn14\">[14]<\/a>. Il n\u2019en est en revanche, heureusement, pas de m\u00eame s\u2019agissant du seul port de la barbe contrairement \u00e0 ce que d\u2019aucuns \u2013 y compris en jurisprudence \u2013 avaient estim\u00e9<a href=\"#_ftn15\">[15]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-red-color has-light-green-cyan-background-color has-text-color has-background\"><strong>De l\u2019obligation renforc\u00e9e de r\u00e9serve des agents militaires.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 ce qu\u2019une actualit\u00e9 r\u00e9cente a cru d\u00e9montrer (on fait ici r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la tribune dite des G\u00e9n\u00e9raux<a href=\"#_ftn16\">[16]<\/a> \u00e9mise, \u00e0 l\u2019initiative de M. Fabre-Bernadac aux c\u00f4t\u00e9s de nombreux militaires depuis le m\u00e9dia <em>Valeurs actuelles<\/em>), les militaires sont sp\u00e9cialement soumis \u00e0 une obligation renforc\u00e9e de r\u00e9serve. Ce n&rsquo;est effectivement pas pour rien que l\u2019arm\u00e9e a longtemps \u00e9t\u00e9 surnomm\u00e9e de \u00ab&nbsp;<em>Grande muette<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;: plus encore que pour les fonctionnaires civils, il est demand\u00e9 aux militaires, dont les gendarmes selon l\u2019art. L 4145-1 du Code de la D\u00e9fense, de n\u2019exprimer leurs opinions politiques comme religieuses strictement en dehors du service.<\/p>\n\n\n\n<p>Certes, le militaire jouit au titre de l\u2019art. L 4121-1 du Code pr\u00e9c. \u00ab&nbsp;de tous les droits et libert\u00e9s reconnus aux citoyens&nbsp;\u00bb mais \u00ab&nbsp;l&rsquo;exercice de certains d&rsquo;entre eux est soit interdit, soit restreint&nbsp;\u00bb. En l\u2019occurrence, pr\u00e9cise l\u2019art. L 4121-2 suivant&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Les opinions ou croyances, notamment philosophiques, religieuses ou politiques, sont libres. Elles ne peuvent cependant \u00eatre exprim\u00e9es qu&rsquo;en dehors du service et avec la r\u00e9serve exig\u00e9e par l&rsquo;\u00e9tat militaire. Cette r\u00e8gle s&rsquo;applique \u00e0 tous les moyens d&rsquo;expression. Elle ne fait pas obstacle au libre exercice des cultes dans les enceintes militaires et \u00e0 bord des b\u00e2timents de la flotte&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, est-il clairement sp\u00e9cifi\u00e9&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>que les militaires dont les gendarmes se voient certes reconna\u00eetre \u00ab&nbsp;<em>le droit pour tout individu de croire ce qu\u2019il veut et de se rattacher \u00e0 la religion qu\u2019il pr\u00e9f\u00e8re<\/em>&nbsp;\u00bb. Et \u00ab&nbsp;le&nbsp;\u00bb sp\u00e9cialiste de la fonction publique militaire d\u2019en conclure qu\u2019effectivement<a href=\"#_ftn17\">[17]<\/a>&nbsp;:<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>tout militaire (\u2026) quel que soit son grade, a droit au respect de ses opinions religieuses ou politiques et nul ne peut \u00eatre puni (\u2026) en raison de ses id\u00e9es&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><em>\u00ab&nbsp;Cependant la manifestation de ces opinions ne peut avoir lieu qu\u2019en dehors du service, sous la condition de ne pas manquer \u00e0 la r\u00e9serve impos\u00e9e par les fonctions<\/em>&nbsp;\u00bb et l\u2019auteur de citer en ce sens la c\u00e9l\u00e8bre d\u00e9cision <a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/J\/J1950-CE-98284.pdf\">CE, 03 mai 1950, <em>Institutrice Jamet <\/em>(req. 98284&nbsp;; Rec. 247)<\/a> qu\u2019il applique \u00e9galement \u00e0 l\u2019\u00e9tat militaire.<\/li><li>Il est donc possible aux militaires de croire et m\u00eame de pratiquer un culte mais ce, hors du service ou \u2013 en service \u2013 dans les espaces d\u00e9di\u00e9s des \u00ab&nbsp;<em>enceintes militaires<\/em>&nbsp;\u00bb et des \u00ab&nbsp;<em>b\u00e2timents de la flotte<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Hors ces lieux et ces moments, le gendarme \u2013 singuli\u00e8rement en uniforme et en public \u2013 n\u2019exprime pas son opinion y compris religieuse. Et si l\u2019art. L 4121-2 que cite portant explicitement le juge n\u00eemois pr\u00e9cise que le culte peut \u00eatre exerc\u00e9 \u00ab&nbsp;<em>dans les enceintes militaires<\/em>&nbsp;\u00bb cela signifie bien qu\u2019il ne peut pas l\u2019\u00eatre collectivement et en uniforme \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du cadre militaire&nbsp;: dans une \u00e9glise civile et religieusement consacr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus sp\u00e9cialement, \u00e0 propos des seuls gendarmes, \u00e9nonce explicitement le Code de la d\u00e9fense en son art. R 434-32&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Les militaires de la gendarmerie ne peuvent exprimer des opinions ou croyances, notamment philosophiques, religieuses ou politiques qu&rsquo;en dehors du service et avec la r\u00e9serve exig\u00e9e par l&rsquo;\u00e9tat militaire<\/em>&nbsp;\u00bb. Le gendarme est m\u00eame qualifi\u00e9 \u00e0 l\u2019art. suivant de \u00ab&nbsp;<em>soldat de la loi<\/em>&nbsp;\u00bb et non de soldat de la Religion.<\/p>\n\n\n\n<p>Aussi, en organisant elle-m\u00eame un office suivi d\u2019un moment convivialit\u00e9, la gendarmerie mat\u00e9rialise-t-elle une atteinte \u00e0 l\u2019\u00e9tat militaire m\u00eame mais encore \u00e0 l\u2019obligation de r\u00e9serve ainsi qu\u2019\u00e0 d\u2019autres principes qu\u2019il s\u2019agit maintenant d\u2019\u00e9voquer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-red-color has-light-green-cyan-background-color has-text-color has-background\"><strong>Des obligations de La\u00efcit\u00e9 &amp; de neutralit\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019affaire en cause soul\u00e8ve un certain nombre d\u2019interrogations relatives au principe constitutionnel de la\u00efcit\u00e9 et de ce qu\u2019il implique, notamment \u00e0 l\u2019\u00e9gard des services publics, \u00e0 travers les deux premiers articles de la loi de 1905.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Tribunal administratif rappelle alors que cette derni\u00e8re \u00ab&nbsp;<em>cr\u00e9e, pour les personnes publiques, des obligations<\/em>&nbsp;\u00bb, dont celle de \u00ab&nbsp;<em>veiller \u00e0 la neutralit\u00e9 des agents publics et des services publics \u00e0 l\u2019\u00e9gard des cultes, en particulier en n\u2019en reconnaissant ni n\u2019en subventionnant aucun<\/em>&nbsp;\u00bb. D\u00e8s lors, les juges admettent que ce sont les personnes publiques elles-m\u00eames qui sont les gardiennes du respect de la la\u00efcit\u00e9, et notamment de la neutralit\u00e9 de leurs services, mais aussi de leurs agents. De plus, il est rappel\u00e9 que la S\u00e9paration implique outre le non-financement des cultes, leur non-reconnaissance<a href=\"#_ftn18\">[18]<\/a>. Ce dernier principe vise pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 supprimer le r\u00e9gime concordataire des cultes reconnus, consistant \u00e0 accorder une place privil\u00e9gi\u00e9e et officielle \u00e0 certains cultes ou \u00e0 un culte en particulier. En somme, depuis 1905, toutes les convictions quelles qu\u2019elle soient (religieuses, politiques, philosophiques) sont mises sur le m\u00eame pied. Tous les cultes, pass\u00e9s, pr\u00e9sents, futurs, sont consid\u00e9r\u00e9s \u00e9galement, sans faveur ni d\u00e9faveur. Un service public, et <em>a fortiori<\/em> ses agents, ne sauraient par cons\u00e9quent montrer un attachement particulier \u00e0 une conviction en particulier&nbsp;: la neutralit\u00e9 en tant qu\u2019\u00e9quidistance \u2013 on dirait m\u00eame de distanciation &#8211; religieuse, serait alors n\u00e9cessairement viol\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 rappel\u00e9 que la la\u00efcit\u00e9 n\u2019interdit aucunement \u00e0 ses agents d\u2019avoir de quelconques convictions. Ce qui leur est prohib\u00e9 est l\u2019ext\u00e9riorisation de ces convictions, ce qui est totalement diff\u00e9rent. Si la croyance est libre et enti\u00e8re, sa manifestation peut n\u00e9cessairement faire l\u2019objet de restrictions. Ici, pour les agents, c\u2019est l\u2019ext\u00e9riorisation de toute conviction <em>pendant <\/em>le service, c\u2019est-\u00e0-dire pendant le temps de travail, sur le lieu de travail, ou avec la tenue de travail, qui est interdite.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019obligation de stricte neutralit\u00e9 impose alors que, dans l\u2019exercice de leurs fonctions, les agents ne se livrent \u00e0 aucune forme de propagande, ainsi qu\u2019il ressort de <a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/J\/J-1948-CE-91.406.pdf\">l\u2019arr\u00eat <em>Dlle Pasteau<\/em><\/a><a href=\"#_ftn19\"><sup>[19]<\/sup><\/a>, le but \u00e9tant \u00e9videmment de pr\u00e9server le service et l\u2019Etat, que les agents repr\u00e9sentent et&nbsp;dont ils sont finalement les d\u00e9membrements. Cette obligation concerne tous les services publics, et aucune d\u00e9rogation ne saurait \u00eatre admise, puisque le principe m\u00eame de la\u00efcit\u00e9 serait affect\u00e9 et perdrait de sa substance.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est donc bien \u00e0 <em>tout agent public<\/em> que s\u2019impose ce respect de la neutralit\u00e9, ainsi qu\u2019il en fut pr\u00e9cis\u00e9 dans <a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/J\/J2000-CE-217017.pdf\">l\u2019avis <em>Julie Marteaux<\/em><\/a><a href=\"#_ftn20\"><sup>[20]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-red-color has-text-color\"><strong>D\u00e9sormais, les principes de la\u00efcit\u00e9 et de neutralit\u00e9 sont non seulement associ\u00e9s, mais aussi assimil\u00e9s<a href=\"#_ftn21\"><sup><strong><sup>[21]<\/sup><\/strong><\/sup><\/a>&nbsp;; l\u2019accent est alors mis sur une conception de la la\u00efcit\u00e9 entendue comme \u00e9galit\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Est ainsi \u00e9nonc\u00e9e une r\u00e8gle stricte et claire, il n\u2019y aurait donc aucunement besoin de tenir compte de la nature, du degr\u00e9 du caract\u00e8re ostentatoire \u2013 ou ostensible du reste \u2013 du signe arbor\u00e9, des fonctions occup\u00e9es, ou des intentions de l\u2019agent&nbsp;: quels que soient le statut de l\u2019agent \u2013 titulaire ou non \u2013, son poste, qu\u2019il soit en contact ou non avec les usagers, le signe religieux qu\u2019il porte, sa forme ou sa couleur, il lui est interdit de manifester ses convictions, religieuses, politiques, ou philosophiques.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/PORT-STEG02.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-424\" width=\"421\" height=\"666\" srcset=\"http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/PORT-STEG02.jpg 416w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/PORT-STEG02-190x300.jpg 190w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/PORT-STEG02-38x60.jpg 38w\" sizes=\"auto, (max-width: 421px) 100vw, 421px\" \/><figcaption>Carte postale (non voyag\u00e9e &#8211; circa 1900) n\u00b0 861 coll. FTN ; Ste Genevi\u00e8ve, patronne de Paris et protectrice de l&rsquo;enfance (coll. perso. MTD)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-red-color has-text-color\"><strong>Ce ne sont pas les <em>convictions<\/em> qui sont condamn\u00e9es, mais bien les <em>actes<\/em> qui sont censur\u00e9s&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019ext\u00e9riorisation des convictions, comme le seul fait de porter un signe religieux, d\u2019avoir des comportements pros\u00e9lytes<a href=\"#_ftn22\"><sup>[22]<\/sup><\/a>, voire troublant le fonctionnement normal du service (qui compromettraient par exemple la s\u00e9curit\u00e9, la sant\u00e9 des autres agents ou des usagers, ou encore qui consisteraient \u00e0 jeter le discr\u00e9dit sur le service) ou, comme en l\u2019esp\u00e8ce, de participer \u00e0 une c\u00e9r\u00e9monie religieuse<a href=\"#_ftn23\">[23]<\/a>. C\u2019est d\u2019ailleurs dans ce sens que semble aller le Tribunal administratif en relevant que<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>le principe de la\u00efcit\u00e9 fait obstacle \u00e0 ce que <\/em>[les militaires de la gendarmerie] <em>manifestent leurs croyances religieuses dans le service public<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, les m\u00eames principes, indiquent les juges, ne s\u2019opposent pas \u00e0 ce que ces m\u00eames agents<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>soient invit\u00e9s et autoris\u00e9s, durant le service, \u00e0 assister \u00e0 un office religieux dans une \u00e9glise, lorsque cette invitation pr\u00e9sente un caract\u00e8re facultatif et s\u2019inscrit dans le cadre d\u2019une manifestation annuelle, traditionnelle et festive participant \u00e0 la coh\u00e9sion et \u00e0 la repr\u00e9sentation de l\u2019institution<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-red-color has-light-green-cyan-background-color has-text-color has-background\">D<strong>e l\u2019exception pr\u00e9torienne de la manifestation \u00ab&nbsp;traditionnelle et festive&nbsp;participant \u00e0 la coh\u00e9sion et \u00e0 la repr\u00e9sentation de l\u2019institution \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En l\u2019occurrence, pour justifier ce caract\u00e8re traditionnel et festif, la d\u00e9cision rel\u00e8ve que la c\u00e9r\u00e9monie de la Sainte Genevi\u00e8ve est organis\u00e9e par la gendarmerie nationale \u00ab&nbsp;<em>depuis de nombreuses ann\u00e9es<\/em>&nbsp;\u00bb. D\u00e8s lors, le fait pour les agents d\u2019y participer ne peut \u00ab&nbsp;<em>\u00e0 lui seul<\/em>&nbsp;\u00bb \u00eatre regard\u00e9 comme la \u00ab&nbsp;<em>manifestation de convictions religieuses dans le cadre du service public ni comme relevant de l\u2019exercice d\u2019un culte<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs commentaires s\u2019imposent&nbsp;: tout d\u2019abord, on peut se demander ce qui rel\u00e8ve alors de l\u2019exercice d\u2019un culte, si ce n\u2019est de participer notamment \u00e0 des c\u00e9r\u00e9monies religieuses, dans un lieu de culte. La libert\u00e9 de religion implique entre autres l\u2019exercice du culte, qui consiste en la participation collective \u00e0 des rites&nbsp;; il s\u2019agit pour les croyants d\u2019entrer en communion et d\u2019ext\u00e9rioriser leurs croyances. Ici d\u2019ailleurs, la c\u00e9r\u00e9monie ayant lieu dans une \u00e9glise, il ne faisait aucun doute sur le caract\u00e8re religieux de la manifestation. Rappelons d\u2019ailleurs que les \u00e9difices du culte catholique qui sont la propri\u00e9t\u00e9 d\u2019une personne publique b\u00e9n\u00e9ficient de l\u2019exclusivit\u00e9 de l\u2019affectation cultuelle<a href=\"#_ftn24\">[24]<\/a>&nbsp;: tout usage de l\u2019\u00e9difice pour un but autre que cultuel est conditionn\u00e9 par l\u2019accord pr\u00e9alable du desservant<a href=\"#_ftn25\">[25]<\/a>. En l\u2019occurrence, tel n\u2019\u00e9tait pas le cas, on \u00e9tait bien en pr\u00e9sence d\u2019une manifestation religieuse, se tenant dans un \u00e9difice religieux. Le Tribunal va cependant dans le sens totalement oppos\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-red-color has-text-color\"><strong>Facultatif&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, quant au caract\u00e8re facultatif de l\u2019\u00e9v\u00e8nement, on ne peut que louer le fait que tel f\u00fbt le cas. En effet, l\u2019article 31 de la loi de 1905 cr\u00e9e le d\u00e9lit d\u2019atteinte \u00e0 la libert\u00e9 de conscience dans l\u2019ordre religieux en punissant ceux qui,\u00ab&nbsp;<em>soit par voies de fait, violences ou menaces contre un individu, soit en lui faisant craindre de perdre son emploi ou d\u2019exposer \u00e0 un dommage sa personne, sa famille ou sa fortune, l\u2019auront d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 exercer ou \u00e0 s\u2019abstenir d\u2019exercer un culte, \u00e0&nbsp;faire partie ou \u00e0 cesser de faire partie d\u2019une association cultuelle, \u00e0&nbsp;contribuer ou \u00e0 s\u2019abstenir de contribuer aux frais d\u2019un culte<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Par cette disposition, les libert\u00e9s de cultes et de conscience sont garanties&nbsp;: toute personne pourra exercer le culte qu\u2019elle aura librement choisi, sans subir aucune pression. Si nul ne peut contraindre autrui \u00e0 croire ou \u00e0 pratiquer un culte, il est \u00e9vident qu\u2019un service public ne peut davantage le faire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-red-color has-text-color\"><strong>Traditionnel &amp; festif&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, au sujet du caract\u00e8re traditionnel et festif reconnu \u00e0 la c\u00e9l\u00e9bration, on constate que les juges se sont <em>a priori<\/em> inspir\u00e9s de la jurisprudence du Conseil d\u2019Etat relative aux cr\u00e8ches<a href=\"#_ftn26\">[26]<\/a>. Assur\u00e9ment, il peut \u00eatre d\u00e9licat de dissocier totalement le cultuel du culturel\u00a0: une certaine r\u00e9p\u00e9tition de rites, de traditions religieuses, font partie d\u2019une culture, et les renier d\u00e9finitivement pourrait conduire \u00e0 un certain appauvrissement, voire \u00e0 une d\u00e9naturation de la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/PORT-STEG03-678x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-534\" width=\"415\" height=\"627\" srcset=\"http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/PORT-STEG03-678x1024.jpg 678w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/PORT-STEG03-199x300.jpg 199w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/PORT-STEG03-768x1161.jpg 768w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/PORT-STEG03-1016x1536.jpg 1016w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/PORT-STEG03-40x60.jpg 40w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/PORT-STEG03.jpg 1037w\" sizes=\"auto, (max-width: 415px) 100vw, 415px\" \/><figcaption>Carte postale (voyag\u00e9e ; 1906) s\u00e9rie La Voie douloureuse (photographie non coloris\u00e9e) ; n\u00b0 09 : \u00ab\u00a0Le Gendarme\u00a0\u00bb (coll. perso. MTD)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-red-color has-text-color\"><strong>Mais toute la difficult\u00e9 consiste alors \u00e0 d\u00e9terminer ce qui fait partie de la <em>tradition&nbsp;<\/em>: quels en sont les crit\u00e8res, et \u00e0 partir de quand un \u00e9v\u00e8nement le devient<a href=\"#_ftn27\"><strong>[27]<\/strong><\/a>&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La question s\u2019est par exemple pos\u00e9e au sujet de la l\u00e9galit\u00e9 de d\u00e9lib\u00e9rations de collectivit\u00e9s territoriales accordant des subventions afin d\u2019organiser des \u00ab&nbsp;Ostensions limousines&nbsp;\u00bb. Il avait ici \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 que bien que les manifestations de ces traditions locales, consistant en diverses c\u00e9r\u00e9monies dont la reconnaissance de reliques, associent autorit\u00e9s civiles, militaires, et&nbsp;religieuses, elles n\u2019avaient pas pour autant perdu \u00ab&nbsp;<em>leur caract\u00e8re de c\u00e9r\u00e9monies du culte de la religion catholique<\/em>&nbsp;\u00bb. D\u00e8s lors, les subventions \u00e9taient contraires \u00e0 l\u2019article 2 de la loi de&nbsp;1905<a href=\"#_ftn28\"><sup>[28]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>En l\u2019occurrence, le caract\u00e8re cultuel de la manifestation avait \u00e9t\u00e9 reconnu, et peu importe alors qu\u2019elle ait acquis, avec le temps, une dimension traditionnelle ou populaire, et qu\u2019elle ait \u00e9galement une port\u00e9e \u00e9conomique, culturelle et touristique<a href=\"#_ftn29\"><sup>[29]<\/sup><\/a>. Le probl\u00e8me s\u2019\u00e9tait pos\u00e9 en des termes identiques au sujet des sonneries de cloches&nbsp;: ainsi dans une affaire en 2004, un maire avait refus\u00e9 de r\u00e9duire les sonneries civiles ponctuant les heures&nbsp;; le Tribunal administratif lui donna tort estimant qu\u2019il n\u2019existait aucun usage dans la commune justifiant leur emploi, m\u00eame si cette pratique avait \u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;<em>r\u00e9tablie voici quelques ann\u00e9es<\/em>&nbsp;\u00bb. Il \u00e9carta en revanche toute contestation des sonneries \u00e0 12&nbsp;heures et 19 heures, parce qu\u2019elles correspondent \u00e0 l\u2019Ang\u00e9lus<a href=\"#_ftn30\"><sup>[30]<\/sup><\/a>. En revanche, en appel la Cour administrative annula le jugement, en&nbsp;estimant que ces nuisances sonores de cloches ne pouvaient \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme portant atteinte \u00e0 la tranquillit\u00e9 publique, et donc ne justifiaient aucune intervention du maire<a href=\"#_ftn31\"><sup>[31]<\/sup><\/a>. Les juges d\u2019appel finalement furent ici en contradiction avec la jurisprudence du Conseil d\u2019Etat<a href=\"#_ftn32\">[32]<\/a>, selon laquelle le maire peut d\u00e9cider des sonneries de cloches, justifi\u00e9es par la tradition, ou les usages locaux (c\u2019est-\u00e0-dire ant\u00e9rieurs \u00e0 1905). En l\u2019esp\u00e8ce, nul usage local n\u2019\u00e9tait avanc\u00e9, ou alors un usage <em>effectif<\/em>, mais pas <em>ancien<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-red-color has-text-color\"><strong>Pour qu\u2019un \u00e9v\u00e8nement devienne traditionnel, il ne suffit donc pas, comme le rel\u00e8vent les juges au sujet de Sainte Genevi\u00e8ve, qu\u2019il soit organis\u00e9 \u00ab&nbsp;<em>depuis de nombreuses ann\u00e9es<\/em>&nbsp;\u00bb (et on peut d\u2019ailleurs souligner l\u2019absence totale de pr\u00e9cisions \u00e0 ce sujet). Encore faut-il une continuit\u00e9 temporelle, et m\u00eame que la pratique exist\u00e2t avant 1905&nbsp;: ainsi elle deviendra culturelle.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tel est en effet le sens et l\u2019esprit de la loi de 1905. Ainsi, A. Briand, au sujet de l\u2019article 28, pr\u00e9cisait que \u00ab&nbsp;<em>les embl\u00e8mes religieux d\u00e9j\u00e0 \u00e9lev\u00e9s ou appos\u00e9s demeurent et sont r\u00e9gis par la l\u00e9gislation actuelle. L\u2019article ne dispose que pour l\u2019avenir<\/em><a href=\"#_ftn33\"><sup>[33]<\/sup><\/a>\u00bb. &nbsp;<a>La loi souhaitait respecter le pass\u00e9, et l\u2019interdiction ne pouvait valoir que pour la post\u00e9rit\u00e9. Aussi<\/a> le l\u00e9gislateur entendait clairement pr\u00e9server ce qui relevait du culturel, donc ce qui \u00e9tait ant\u00e9rieur \u00e0 la loi. Incidemment, il l\u2019int\u00e9grait dans le patrimoine national, ce qui revient \u00e0 inclure le cultuel dans le culturel. Mais pour Briand, le cultuel, s\u2019il est bien \u00ab&nbsp;<em>une cat\u00e9gorie du culturel&nbsp;<\/em>\u00bb n\u2019en est plus d\u00e9sormais, \u00e0 compter de la loi de S\u00e9paration, qu\u2019un des composants parmi d\u2019autres, car la culture la\u00efque peut s\u2019ouvrir \u00e0 d\u2019autres cat\u00e9gories.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019affaire de Sainte Genevi\u00e8ve, non seulement aucune pr\u00e9cision n\u2019est donn\u00e9e sur le nombre d\u2019ann\u00e9es depuis lesquelles la c\u00e9r\u00e9monie est organis\u00e9e par le service public, mais il est, de plus, fort probable que celle-ci n\u2019existe pas de fa\u00e7on continue et interrompue ant\u00e9rieurement \u00e0 1905. En effet, c\u2019est par un d\u00e9cret du 18 mai 1962 que le Pape Jean XXIII \u00e9tablit Sainte Genevi\u00e8ve comme patronne \u00ab <em>des gendarmes fran\u00e7ais, gardiens de l\u2019ordre public\u2026&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-red-color has-light-green-cyan-background-color has-text-color has-background\"><strong>Du port r\u00e9glement\u00e9 de l\u2019uniforme.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, qu\u2019il nous soit permis ici de rappeler qu\u2019en insistant sur l\u2019usage et le port de l\u2019uniforme de c\u00e9r\u00e9monie \u00e0 l\u2019office religieux, la gendarmerie du Gard a clairement manifest\u00e9 (ce qui n\u2019\u00e9tait plus douteux) que les agents devraient ici \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s en service et non comme des citoyens priv\u00e9s se rendant \u00e0 un office tout aussi priv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, comme le rappelle en son pr\u00e9ambule l\u2019instruction<a href=\"#_ftn34\">[34]<\/a> n\u00b05000\/GEND\/DSF du 10 f\u00e9vrier 2016 relative \u00e0 l\u2019habillement des personnels militaires servant dans la gendarmerie, le port de l\u2019uniforme est une \u00ab&nbsp;<em>pr\u00e9rogative de l&rsquo;\u00e9tat militaire (\u2026) obligatoire pour l&rsquo;ex\u00e9cution du service<\/em>&nbsp;\u00bb. Selon l\u2019art. 06-1 de la m\u00eame norme, 6.1., il est pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019en \u00ab&nbsp;<em>r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, le personnel rev\u00eat :- l&rsquo;une des tenues de soir\u00e9e ou de c\u00e9r\u00e9monie lors des manifestations publiques ou priv\u00e9es, les prises d\u2019armes, les c\u00e9r\u00e9monies civiles ou militaires<\/em>&nbsp;\u00bb. Rien n\u2019est \u00e9videmment en revanche mentionn\u00e9 \u00e0 propos des c\u00e9r\u00e9monies religieuses puisqu\u2019elles doivent \u00eatre priv\u00e9es. Il est m\u00eame sp\u00e9cifi\u00e9 et rappel\u00e9 dans de nombreuses notes de service et m\u00eame actes r\u00e9glementaires<a href=\"#_ftn35\">[35]<\/a> que le port de l\u2019uniforme militaires est proscrit dans toute activit\u00e9 ou manifestation syndicale ou politique.<\/p>\n\n\n\n<p>En cons\u00e9quence, en invitant non seulement les agents \u00e0 rev\u00eatir leur uniforme mais encore celui dit de c\u00e9r\u00e9monie, la gendarmerie a soulign\u00e9 l\u2019importance de l\u2019\u00e9v\u00e9nement \u00e0 ses yeux et l\u2019a consid\u00e9r\u00e9 non comme une activit\u00e9 priv\u00e9e mais bien comme un temps de service. Cela signifie \u2013 tr\u00e8s simplement \u2013 qu\u2019une administration la\u00efque a invit\u00e9 ses agents \u00e0 participer, en service et en uniforme, \u00e0 prier Dieu et sainte Genevi\u00e8ve (mais qu\u2019elle ne voit pas pour autant l\u2019atteinte aux principes <em>pr\u00e9c.<\/em> de neutralit\u00e9 et de la\u00efcit\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-red-color has-light-green-cyan-background-color has-text-color has-background\"><strong>Du caract\u00e8re collectif des autorisations individuelles non sollicit\u00e9es d\u2019absence.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il a r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 \u00e0 l\u2019un des co-auteurs du pr\u00e9sent article<a href=\"#_ftn36\">[36]<\/a> de revenir sur les autorisations d\u2019absences de service pour motif religieux et sur leur r\u00e9gime juridique. Il en ressort plusieurs \u00e9l\u00e9ments ici importants&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>d\u2019abord, l\u2019autorisation est une demande n\u00e9cessairement individuelle et pr\u00e9alable actionn\u00e9e par l\u2019agent&nbsp;;<\/li><li>ensuite, il s\u2019agit d\u2019une \u00ab&nbsp;<em>bienveillance<\/em>&nbsp;\u00bb du chef de service selon les termes employ\u00e9s par plusieurs lignes directrices en la mati\u00e8re.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>En cons\u00e9quence, il est impossible ici d\u2019imaginer un seul instant que l\u2019autorisation et l\u2019invitation collectives de la gendarmerie adress\u00e9e \u00e0 ses agents est similaire aux telles autorisations. En effet, une autorisation d\u2019absence pour motif religieux est le fruit d\u2019une d\u00e9marche individuelle. Or, dans cette affaire, c\u2019est la gendarmerie qui a incit\u00e9, m\u00eame si cela est facultatif, ses agents \u00e0 pratiquer un culte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-red-color has-text-color\"><strong>De la rupture d\u2019\u00e9galit\u00e9 envers les autres cultes<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ne pourrait-on pas alors arguer par suite de ce que les agents non catholiques (les protestants, juifs, arm\u00e9niens, musulmans ou encore bouddhistes pour ne citer que les principaux cultes quantitativement pratiqu\u00e9s en France) se trouveraient ici plac\u00e9s dans une situation d\u2019in\u00e9galit\u00e9 en ce que personne ne les invite \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer leur religion&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-red-color has-light-green-cyan-background-color has-text-color has-background\"><strong>De nouvelles \u00ab&nbsp;missions&nbsp;\u00bb &amp; significations pour le service public de la Gendarmerie&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En guise de conclusion, qu\u2019il nous soit permis d\u2019\u00e9noncer l\u2019art. L. 4111-1 du Code de la d\u00e9fense. Il rappelle que&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>L&rsquo;arm\u00e9e de la R\u00e9publique est au service de la Nation. Sa mission est de pr\u00e9parer et d&rsquo;assurer par la force des armes la d\u00e9fense de la patrie et des int\u00e9r\u00eats sup\u00e9rieurs de la Nation<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Telle est la seule et unique mission de service public que sert la fonction publique militaire. Elle n\u2019est pas l\u00e0 comme le reconna\u00eet pourtant express\u00e9ment le juge n\u00eemois en ses consid\u00e9rants 07 et 08 une organisatrice d\u2019\u00e9v\u00e9nement religieux plac\u00e9 sous son commandement. C\u2019est la Nation que l\u2019arm\u00e9e sert et non la religion quelle qu\u2019elle soit et quelles que soient les traditions historiques des corps d\u2019armes et des fonctions publiques. Sinon, cela impliquerait que demain on puisse demander \u00e0 l\u2019arm\u00e9e d\u2019organiser la bar-mitsva du petit dernier ou apr\u00e8s-demain l\u2019A\u00efd El K\u00e9bir de fin de ramadan. Si ces deux \u00e9v\u00e9nements paraissent impensables \u00e0 l\u2019avenir, alors le premier aurait d\u00fb \u00eatre interdit.<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, qu\u2019il nous soit aussi autoris\u00e9 d\u2019\u00e9noncer l\u2019\u00e9tonnement qui est le n\u00f4tre \u00e0 constater la multiplication des doctrines (dites autoris\u00e9es ou non) qui affirment que les normes la\u00efques ou leurs interpr\u00e9tations juridictionnelles ont admis l\u2019existence d\u2019une pluralit\u00e9 de significations des \u00e9l\u00e9ments et des symboles religieux. Ainsi, sous pr\u00e9texte qu\u2019un \u00e9l\u00e9ment religieux donn\u00e9 aurait acquis, au fil des ann\u00e9es, une autre signification suppl\u00e9mentaire (et non substitu\u00e9e), d\u2019aucuns en tirent la cons\u00e9quence que la nouvelle signification effacerait l\u2019originelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, l\u2019argument selon lequel un individu pourrait arborer un foulard ou un turban, sans \u00eatre de confession musulmane ou sikhe, avait d\u00e9j\u00e0 pu \u00eatre avanc\u00e9<a href=\"#_ftn37\"><sup>[37]<\/sup><\/a>. Or il ne saurait satisfaire, puisque la valeur des signes est connue, et un non musulman n\u2019arborera pas un signe d\u2019appartenance \u00e0 cette religion<a href=\"#_ftn38\"><sup>[38]<\/sup><\/a>. Il serait incongru alors que l\u2019Administration \u2013 ou le juge \u2013 se permette de demander \u00e0 l\u2019individu s\u2019il est bien de la confession dont il porte le signe. Cela&nbsp;constituerait \u00e9videmment une immixtion dans l\u2019intimit\u00e9 de l\u2019individu&nbsp;; l\u2019Administration, comme les autres \u00e9l\u00e8ves du reste, n\u2019ont pas \u00e0 conna\u00eetre la religion ni \u00e0 demander des pr\u00e9cisions, si l\u2019appartenance est r\u00e9elle ou suppos\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce sens \u00e9galement se sont exprim\u00e9s celles et ceux justifiant les cr\u00e8ches de la nativit\u00e9 dans les espaces publics car les f\u00eates de no\u00ebl seraient devenues des f\u00eates de fin d\u2019ann\u00e9e dissimulant la c\u00e9l\u00e9bration de la naissance du Christ. Non&nbsp;! M\u00eame si No\u00ebl a pris un autre sens, cette seconde signification n\u2019a pas effac\u00e9 la premi\u00e8re. No\u00ebl est toujours, \u00e0 titre premier, la c\u00e9l\u00e9bration du Christ r\u00e9dempteur et confi\u00e9 aux soins des hommes et des femmes de foi<a href=\"#_ftn39\">[39]<\/a>. Oser pr\u00e9tendre que le sens religieux en a disparu est singuli\u00e8rement et pr\u00e9cis\u00e9ment faire acte de mauvaise foi. Sur cette lanc\u00e9e, semble pourtant se diriger un auteur estim\u00e9 des co-auteurs de cette contribution<a href=\"#_ftn40\">[40]<\/a> lorsqu\u2019il sous-entend \u00e0 mi-mots que pour certains des militaires ici concern\u00e9s \u00ab&nbsp;<em>assister \u00e0 cet office ne constitue sans doute pas (\u2026) la manifestation d\u2019une conviction religieuse et ne marque pas forc\u00e9ment une pr\u00e9f\u00e9rence religieuse<\/em>&nbsp;\u00bb. Tr\u00e8s respectueusement, nous ne pouvons y souscrire car cela pourrait ensuite donner lieu \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation suivante&nbsp;: la messe ou encore la pri\u00e8re ne sont pas des mat\u00e9rialisations de la religion. Cette justification de la non-sanction d\u2019une atteinte manifeste aux principes de neutralit\u00e9 et de la\u00efcit\u00e9 au pr\u00e9texte qu\u2019une ou deux personnes seraient l\u00e0 par hasard, pour faire plaisir aux copains ou encore pour boire un verre \u00e0 l\u2019issue de l\u2019office est d\u2019une mauvaise foi particuli\u00e8re. Que l\u2019on soutienne qu\u2019un agent \u00e0 titre priv\u00e9 puisse visiter et admirer un lieu saint sans \u00eatre pratiquant s\u2019entend mais qu\u2019il participe activement \u00e0 un office, m\u00eame s\u2019il n\u2019y prie pas, n\u2019\u00f4tera pas \u00e0 cet office sont \u00e9minent et originel caract\u00e8re religieux.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator is-style-default\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> De l\u2019auteur, on lira avec grand profit sa \u00ab&nbsp;<em>somme<\/em>&nbsp;\u00bb sur les circulaires ainsi que ces deux articles d\u00e9terminants, selon nous, pour la compr\u00e9hension du ph\u00e9nom\u00e8ne la\u00efque en Droit&nbsp;: Koubi Genevi\u00e8ve, <em>Les circulaires administratives<\/em>&nbsp;; Paris, Economica&nbsp;; 2003&nbsp;; \u00ab Autorisation d&rsquo;absence et libert\u00e9 de conscience des fonctionnaires&nbsp;\u00bb <em>in Rev. Adm.<\/em> ; 1987 ; n\u00b0 236 ; p. 133 et s.&nbsp;; <a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/D\/D2003-GK01.pdf\">\u00ab Le juge administratif et la libert\u00e9 de religion \u00bb <em>in Revue Fran\u00e7aise de Droit Administratif (Rfda)<\/em> ; 2003 ; p. 1055 et s.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> Il ne s\u2019agit plus ici du pr. Koubi mais de Genovefa dite Genevi\u00e8ve (de Paris) (<em>circa<\/em> 420&nbsp;; <em>circa<\/em> 500).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> Peut-\u00eatre, comme en 2016, dans l\u2019\u00e9glise de Bethl\u00e9em situ\u00e9e au bout de la rue sainte-Genevi\u00e8ve\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> L\u2019\u00e9v\u00e9nement eu lieu \u00e0 N\u00eemes le 30 novembre 2018 et la requ\u00eate, au fond, fut d\u00e9pos\u00e9e le 04 janvier 2019.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a> Qu\u2019il soit ici permis au pr. Touzeil-Divina de reprendre un court paragraphe en cours de parution dans un article consacr\u00e9 aux autorisations d\u2019absence pour motif religieux (<em>in AJCT&nbsp;<\/em>; juin 2021).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a> Est ainsi annul\u00e9 le concours d\u2019officiers de police au terme duquel le jury avait interrog\u00e9 un candidat sur ses pratiques confessionnelles familiales&nbsp;: CE, 10 avril 2009&nbsp;; <em>M.<\/em> <em>El Haddioui<\/em>, n\u00b0 311888, Rec. 158.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\">[7]<\/a> <a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/J\/J1950-CE-98284.pdf\">De jurisprudence constante, est ainsi prohib\u00e9 tout refus d\u2019\u00e9volution de carri\u00e8re (comme en l\u2019esp\u00e8ce la titularisation d\u2019une institutrice suppl\u00e9ante) du seul fait des croyances religieuses de l\u2019agent&nbsp;: CE, 03 mai 1950, <em>Demoiselle Jamet&nbsp;<\/em>; req. 98284&nbsp;; Rec. 247.<\/a> Plus r\u00e9cemment, le juge de cassation a m\u00eame tr\u00e8s \u00e9tonnamment valid\u00e9 le fait qu\u2019un pr\u00eatre devienne m\u00eame Pr\u00e9sident d\u2019une Universit\u00e9 la\u00efque ce qui n\u2019est pourtant pas une \u00e9volution de carri\u00e8re mais une \u00e9lection comme administrateur (CE, 27 juin 2018, <em>Syndicat national de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur Snesup-Fsu<\/em> (req. 419595) avec obs. Touzeil-Divina <em>in Jcp G <\/em>; 09 juillet 2018&nbsp;; n\u00b0 27, p. 07 et s.).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\">[8]<\/a> Sur sa remise en question(s), on se permettra de renvoyer au <a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/D\/D2019-MTD01.pdf\">chapitre premier de nos <em>Dix mythes du droit public&nbsp;<\/em>; Paris, Lgdj&nbsp;; 2019&nbsp;; p. 53 et s.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\">[9]<\/a> Il en est ainsi de la neutralit\u00e9 des b\u00e2timents et des espaces publics dans lesquels, malgr\u00e9 une \u00e9tonnante jurisprudence permissive et cr\u00e9atrice du juge administratif, l\u2019apposition d\u2019embl\u00e8mes et de symboles religieux devrait toujours \u00eatre strictement prohib\u00e9e. <em>A contrario, <\/em>CE, Ass., 09 nov. 2016, <em>Commune de Melun<\/em>&nbsp;; <em>F\u00e9d\u00e9ration de libre pens\u00e9e de Vend\u00e9e&nbsp;<\/em>; req. 395122 &amp; 395223&nbsp;; obs. Touzeil-Divina Mathieu, \u00ab Ceci n\u2019est pas une cr\u00e8che ! \u00bb <em>in Jcp A <\/em>n\u00b045 ; 14 novembre 2016 ; p. 02 et s.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref10\">[10]<\/a> CE, 15 oct. 2003, <em>Odent<\/em>&nbsp;; req. 244428&nbsp;; Rec. 402.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref11\">[11]<\/a> CE, 19 f\u00e9vrier 2009, <em>Bouvier&nbsp;; <\/em>n\u00b0 311633&nbsp;; Rec. T. 813.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref12\">[12]<\/a> CAA de Versailles, 30 juin 2016, <em>C. c. Commune de Sceaux&nbsp;<\/em>; req. 15VE00140.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref13\">[13]<\/a> En ce sens&nbsp;: CAA de Lyon, 27 nov. 2003, <em>Najet Ben Abdallah<\/em>&nbsp;; req. 03LY0192 ou TA de Toulouse, ord., 17 avril 2009, <em>Sabrina T. c. Universit\u00e9 Toulouse III Paul Sabatier<\/em>&nbsp;; req. 091424. C\u2019est aussi ce qu\u2019a confirm\u00e9 le juge europ\u00e9en des droits de l\u2019Homme&nbsp;: Cedh, 26 nov. 2015, <em>Christiane Ebrahimian c. France&nbsp;<\/em>; req. n\u00b064846\/11 et qu\u2019a rappel\u00e9 le Conseil d\u2019Etat dans sa formation consultative (\u00e0 la demande et sur saisine du D\u00e9fenseur des droits) dans son \u00e9tude dat\u00e9e du 19 d\u00e9c. 2013&nbsp;; sp\u00e9c. p. 28.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref14\">[14]<\/a> Cass., Soc., 19 mars 2013, <em>Cpam de Seine-Saint-Denis<\/em>&nbsp;; req. 12-11.690. La jurisprudence de la m\u00eame chambre et dite <em>Baby-Loup<\/em> (du m\u00eame jour&nbsp;; req. 11-28.845) a m\u00eame \u00e9tendu cette obligation de neutralit\u00e9 \u00e0 des organes non express\u00e9ment qualifi\u00e9s de services publics mais dont le r\u00e8glement int\u00e9rieur le permet (ce qu\u2019a repris explicitement l\u2019art. L 1321-2-1 du Code du travail modifi\u00e9 \u00e0 la suite de la Loi dite El Khomri du 08 ao\u00fbt 2016).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref15\">[15]<\/a> En ce sens&nbsp;: CE, 12 f\u00e9vr. 2020, <em>M. B. c. Centre hospitalier de Saint-Denis<\/em>&nbsp;; req. 418299&nbsp;; avec obs.&nbsp;Touzeil-Divina : \u00ab&nbsp;Au nez et \u00e0 la barbe des juges du fond, le Conseil d\u2019Etat rappelle (enfin) qu\u2019en soi porter la barbe n\u2019est ni ill\u00e9gal ni contraire au principe de La\u00efcit\u00e9&nbsp;\u00bb <em>in Jcp A&nbsp;<\/em>; 24 f\u00e9vrier 2020&nbsp;; n\u00b0 08 ; p. 03 et s.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref16\">[16]<\/a> \u00ab&nbsp;Pour un retour de l\u2019honneur de nos gouvernants&nbsp;\u00bb <em>in Valeurs actuelles&nbsp;<\/em>; 21 avril 2021.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref17\">[17]<\/a> Coutant Pierre, <em>La fonction publique militaire&nbsp;<\/em>; Paris, Lavauzelle&nbsp;; 1960&nbsp;; p. 92.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref18\">[18]<\/a> Ce principe de non-reconnaissance, issu de l\u2019article 02 de la loi de 1905, ne doit pas s\u2019entendre comme une m\u00e9connaissance ou une n\u00e9gation des cultes par l\u2019Etat. Il s\u2019agit plut\u00f4t, selon les termes du doyen Hauriou, d\u2019une \u00ab&nbsp;<em>fiction d\u2019ignorance l\u00e9gale<\/em>&nbsp;\u00bb (Hauriou Maurice, <em>Pr\u00e9cis de droit administratif<\/em> <em>et de droit public<\/em>, Sirey, Paris, 6<sup>e<\/sup> \u00e9dition, 1907, p. 846). En somme, il est question de supprimer le r\u00e9gime des cultes reconnus, c\u2019est-\u00e0-dire de leur donner un statut officiel.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref19\">[19]<\/a> <a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/J\/J-1948-CE-91.406.pdf\">CE, 8 d\u00e9cembre 1948, <em>Demoiselle Pasteau, Rec.<\/em> 464&nbsp;; <em>S.<\/em>, 1949, 3, p. 41, 2<sup>\u00e8me<\/sup> esp\u00e8ce,<\/a> note J. Rivero&nbsp;; <em>Rdp<\/em>, 1949, p. 73, note M. Waline.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref20\">[20]<\/a> <a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/J\/J2000-CE-217017.pdf\">CE, Avis, 3 mai 2000, pr\u00e9c.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref21\">[21]<\/a> D\u2019ailleurs, le Conseil d\u2019Etat fit r\u00e9f\u00e9rence au \u00ab&nbsp;<em>principe de la\u00efcit\u00e9 et \u00e0 l\u2019obligation de neutralit\u00e9 qui <strong>s\u2019impose<\/strong> \u00e0 tout agent public<\/em>&nbsp;\u00bb, CE, 15 octobre 2003, <em>Odent<\/em>, pr\u00e9c.(nous soulignons).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref22\">[22]<\/a> CE, 19 f\u00e9vrier 2009, <em>Bouvier <\/em>;<em> Ajfp<\/em>, 2009, p. 253, concl. B. Bourgeois-Machureau&nbsp;: le fait pour un agent public d\u2019utiliser ses fonctions pour remettre aux usagers du service public de La Poste des imprim\u00e9s \u00e0 caract\u00e8re religieux dans le cadre de son activit\u00e9 de guichetier constitue une faute.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref23\">[23]<\/a> Relevons d\u2019ailleurs que cette obligation de neutralit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e par la loi du 20 avril 2016 <em>relative \u00e0 la d\u00e9ontologie des fonctionnaires<\/em>. Le nouvel article 25 de la loi du 13 juillet 1983&nbsp;dispose d\u00e9sormais : \u00ab <em>Dans l\u2019exercice de ses fonctions, <\/em>[le fonctionnaire] <em>est tenu \u00e0 l\u2019obligation de neutralit\u00e9<\/em> <em>(\u2026), exerce ses fonctions dans le respect du principe de la\u00efcit\u00e9<\/em> (\u2026) \u00ab <em>s\u2019abstient notamment de manifester, dans l\u2019exercice de ses fonctions, ses opinions religieuses<\/em> \u00bb. Il doit par ailleurs traiter de \u00ab&nbsp;<em>fa\u00e7on \u00e9gale toutes les personnes et respecte[r] leur libert\u00e9 de conscience et leur dignit\u00e9<\/em> \u00bb. Par cons\u00e9quent, l\u2019ancrage de la neutralit\u00e9 n\u2019est plus seulement jurisprudentiel, il est \u00e9galement textuel, et a re\u00e7u l\u2019onction de la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref24\">[24]<\/a> Loi du 02 janvier 1907 concernant l\u2019exercice public du culte&nbsp;: \u00ab <em>A d\u00e9faut d\u2019associations cultuelles, les \u00e9difices affect\u00e9s \u00e0 l\u2019exercice du culte, ainsi que les meubles les garnissant, continueront, sauf d\u00e9saffectation dans les cas pr\u00e9vus par la loi du 9 d\u00e9cembre 1905, \u00e0 \u00eatre laiss\u00e9s \u00e0 la disposition des fid\u00e8les et des ministres du culte pour la pratique de leur religion<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;; et Loi du 13 avril 1908 modifiant les titres II et III (articles 6, 7, 9, 10, 13 et 14) de la loi du 09 d\u00e9cembre 1905 concernant la s\u00e9paration des Eglises et de l\u2019Etat.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref25\">[25]<\/a> CE, ord., 25 ao\u00fbt 2005, <em>Commune de Massat<\/em>, Rec. 386.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref26\">[26]<\/a> En effet, depuis 2016, est \u00e0 la fois reconnue \u00e0 ces derni\u00e8res une dimension religieuse et une dimension non religieuse, donc culturelle. D\u00e8s lors, la Haute juridiction consid\u00e8re que si la cr\u00e8che est culturelle, en raison notamment du contexte, elle sera autoris\u00e9e&nbsp;; si en revanche elle est accompagn\u00e9e \u00ab&nbsp;<em>d\u2019\u00e9l\u00e9ment de pros\u00e9lytisme&nbsp;\u00bb, ou s\u2019il n\u2019y a pas d\u2019usages locaux, elle sera interdite. De m\u00eame, le Conseil d\u2019Etat distingue selon les lieux&nbsp;: dans l\u2019enceinte des b\u00e2timents publics, sauf circonstances particuli\u00e8res, le caract\u00e8re culturel sera difficilement admis. En revanche, dans d\u2019autres emplacements publics, \u00ab&nbsp;eu \u00e9gard au caract\u00e8re festif<\/em>&nbsp;\u00bb, la cr\u00e8che peut \u00eatre autoris\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref27\">[27]<\/a> Voir Benelbaz Cl\u00e9ment, \u00ab&nbsp;La distinction entre cultuel et culturel \u00bb <em>in<\/em> Mouann\u00e8s Hiam (dir.), <em>La territorialit\u00e9 de la la\u00efcit\u00e9<\/em>, Actes du colloque organis\u00e9 le 28 mars 2018 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Toulouse 1 Capitole, Presses de l\u2019Universit\u00e9 Toulouse 1 Capitole, coll. Actes de colloque de l\u2019IFR, 2018, p. 83-126.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref28\">[28]<\/a> TA de Limoges, 24 d\u00e9cembre 2009, <em>M. Geirnaert<\/em>, <em>Ajda<\/em> 2010, p. 738, concl. J. Charret, et CE, 15 f\u00e9vrier 2013, <em>Association Grande confr\u00e9rie de Saint Martial et autres<\/em>, <em>Ajda <\/em>2013, p. 375&nbsp;; <em>Rfda<\/em>, 2013, p. 375, concl. E. Cortot-Boucher, note M. Comte-Perrier&nbsp;; <em>Ajda <\/em>&nbsp;2013, p. 1529, note M. Le Roux&nbsp;; <em>DA<\/em>, n\u00b07, juillet 2013, comm. 53, note G. Eveillard.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref29\">[29]<\/a> Voir CE, 03 d\u00e9cembre 1954, <em>Sieur Rastouil, \u00e9v\u00eaque de Limoges<\/em>, Rec<em>.<\/em>639&nbsp;; <em>D.<\/em>, 1955, J., p.&nbsp;31, note, dans lequel le Conseil d\u2019Etat admettait que des c\u00e9r\u00e9monies, \u00ab&nbsp;<em>consacr\u00e9es par les habitudes et les traditions locales<\/em>&nbsp;\u00bb, ne perdaient pas pour autant leur caract\u00e8re cultuel.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref30\">[30]<\/a> TA de Lille, 15 janvier 2004, <em>M. et Mme Duavrant<\/em>, <em>BJCL<\/em>, n\u00b07\/05, p. 452,&nbsp;concl. J.&nbsp;Lepers, obs. B.P. ; <em>Ajda<\/em>, 2004, p. 778, note N. Wolff.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref31\">[31]<\/a> CAA de Douai, 26 mai 2005, <em>Commune de F\u00e9rin<\/em>, <em>Jcp G<\/em> 2005, II, 10127, note M.\u2011F.&nbsp;Delhoste&nbsp;; <em>DA<\/em>, ao\u00fbt-septembre 2005, p. 32, note P. T\u00fcrk.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref32\">[32]<\/a> CE, 9 mars 1929, <em>abb\u00e9 Dumas<\/em>, Rec. 286.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref33\">[33]<\/a> <a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/D\/D1905-AB01.pdf\">Briand Aristide, La s\u00e9paration des Eglises et de l\u2019Etat, rapport fait le 4 mars 1905 au nom de la commission relative \u00e0 la s\u00e9paration des Eglises et de l\u2019Etat et de la d\u00e9nonciation du Concordat charg\u00e9e d\u2019examiner le projet de loi et les diverses propositions de loi concernant la s\u00e9paration des Eglises et de l\u2019Etat, n\u00b02302, Chambre des d\u00e9put\u00e9s, annexe au proc\u00e8s-verbal de la deuxi\u00e8me s\u00e9ance du 4 mars 1905, Paris, E. Corn\u00e9ly \u00e9d., p. 334.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref34\">[34]<\/a> NOR : INTJ1600160J.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref35\">[35]<\/a> Dont l\u2019arr\u00eat\u00e9 MinDef\/Daj du 14 d\u00e9cembre 2007&nbsp;<em>in Jorf <\/em>n\u00b0 229 du 26 d\u00e9cembre 2007 (texte n\u00b0 70).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref36\">[36]<\/a> Voyez <em>supra<\/em> en note 05.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref37\">[37]<\/a> En ce sens, Dieu Fr\u00e9deric, \u00ab&nbsp;Le Conseil d\u2019Etat et la la\u00efcit\u00e9 n\u00e9gative&nbsp;\u00bb, <em>Jcp A<\/em>., 2008, 2070 ; ou&nbsp;encore Garay Alain et Tawil Emmanuel, \u00ab&nbsp;Tumulte autour de la la\u00efcit\u00e9&nbsp;\u00bb, <em>D.<\/em>, 2004, pp. 225-229.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref38\">[38]<\/a> Sauf s\u2019il a perdu le sens commun qui associe tout signifiant \u00e0 un signifi\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref39\">[39]<\/a> Selon Charles Sanders Peirce (<em>Ecrits sur le signe<\/em>, Editions du Seuil, 1978), il est possible de distinguer l\u2019indice, l\u2019ic\u00f4ne et le symbole. L\u2019indice tout d\u2019abord est un signe imm\u00e9diat, il ne repr\u00e9sente pas une chose ou un ph\u00e9nom\u00e8ne mais les manifeste (une fum\u00e9e d\u00e9signe par exemple un feu). L\u2019ic\u00f4ne ensuite est un objet dynamique dont la qualit\u00e9 est reli\u00e9e \u00e0 son signe descriptif par une similarit\u00e9 qualitative ou une ressemblance. L\u2019ic\u00f4ne est donc pour Peirce le signe dont le signifiant a une relation de similarit\u00e9 avec ce qu\u2019il repr\u00e9sente, son r\u00e9f\u00e9rent. Par exemple, un tableau, une statue ou une photographie (pour <em>Le Petit Robert<\/em>, l\u2019ic\u00f4ne est un \u00ab&nbsp;signe qui ressemble \u00e0 ce qu\u2019il d\u00e9signe, \u00e0 son r\u00e9f\u00e9rent \u00bb. Il confond donc l\u2019objet et sa repr\u00e9sentation). Enfin, le symbole distingue l\u2019objet et sa repr\u00e9sentation. La relation du symbole avec l\u2019objet qu\u2019il repr\u00e9sente est donc arbitraire, c\u2019est-\u00e0-dire non causale (comme dans l\u2019indice : par exemple la fum\u00e9e est l\u2019indice d\u2019un feu, parce que celui-ci en est la cause), elle est aussi arbitraire parce que non analogique (comme dans l\u2019ic\u00f4ne) : en fait cette relation est d\u2019ordre culturel.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, chez les chr\u00e9tiens, le symbole du Christ \u00e9tait l\u2019agneau. Ils nomment le Christ comme \u00ab&nbsp;<em>l\u2019agneau de Dieu<\/em>&nbsp;\u00bb (parole de saint Jean-Baptiste) et en plus de cela les douze ap\u00f4tres se symbolisaient par douze agneaux. Mais en 692, un concile s\u2019est r\u00e9uni \u00e0 Istanbul et a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019utiliser la croix comme symbole chr\u00e9tien \u00e0 la place de l\u2019agneau. Ainsi on voit que les symboles peuvent varier dans la m\u00eame culture, au gr\u00e9 des choix arbitraires qui s\u2019op\u00e8rent.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, le crucifix est l\u2019ic\u00f4ne de la croix sur laquelle J\u00e9sus a \u00e9t\u00e9 crucifi\u00e9, une repr\u00e9sentation en bois, en m\u00e9tal ou en ivoire etc. de la croix de la crucifixion sur laquelle est de surcro\u00eet repr\u00e9sent\u00e9e la victime crucifi\u00e9e (\u00ab&nbsp;<em>croix sur laquelle est figur\u00e9 J\u00e9sus crucifi\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb, selon <em>Le Petit Robert<\/em>). Quant \u00e0 la cr\u00e8che, elle est \u00e9galement un icone quand on consid\u00e8re qu\u2019il s\u2019agit de figurines plac\u00e9es dans un d\u00e9cor servant de \u00ab&nbsp;repr\u00e9sentation de l\u2019\u00e9table de Bethl\u00e9em et de la Nativit\u00e9&nbsp;\u00bb (<em>Le Petit Robert<\/em>). Il y a l\u00e0 une relation d\u2019analogie, cr\u00e9\u00e9e du reste par une intention de ressemblance de la part de leurs auteurs ou de leurs utilisateurs. Mais dans les deux cas, il est possible de parler de symboles, parce qu\u2019arbitrairement, par une intention culturelle, on fait d\u2019un \u00e9l\u00e9ment particulier de la vie de J\u00e9sus le symbole de sa vie enti\u00e8re et de son enseignement. La relation entre le signe devenu symbolique et l\u2019objet repr\u00e9sent\u00e9 qu\u2019est le christianisme est ici un rapport d\u2019inclusion : un fragment de la vie sert \u00e0 d\u00e9signer la vie enti\u00e8re (et plus encore, ce qu\u2019elle implique religieusement). C\u2019est ce qu\u2019en rh\u00e9torique on appelle une synecdoque. En somme, que l\u2019on consid\u00e8re le crucifix et la cr\u00e8che comme des icones, ou comme des symboles, il para\u00eet impossible de disjoindre ces deux signes de leur signifi\u00e9 religieux, ou pour le dire autrement de leur r\u00e9f\u00e9rent religieux. La s\u00e9miotique de Pierce est ici moins op\u00e9rante que la d\u00e9finition de Saussure qui fait&nbsp;essentiellement du signe un rapport entre un signifiant et un signifi\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref40\">[40]<\/a> Deliancourt Samuel, \u00ab&nbsp;Les gendarmes peuvent assister durant leur service \u00e0 la messe de sainte Genevi\u00e8ve dans une \u00e9glise&nbsp;\u00bb <em>in Jcp A&nbsp;<\/em>; 29 mars 2021&nbsp;; n\u00b0 13&nbsp;; p. 29 et s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Observations communes sousTA de N\u00eemes, [req. 1900022] 19 f\u00e9vrier 2021,Association La libre pens\u00e9e du Gard&nbsp;; [J2021-TA-NIMES-1900022]&nbsp;; Sainte Genevi\u00e8ve K., merci(s)&nbsp;! Si Dieu existe (et on prendra l\u2019hypoth\u00e8se positive ou n\u00e9gative comme ici non discut\u00e9e), il aura \u00e9t\u00e9 singuli\u00e8rement malicieux en permettant &#8211; en hommage \u00e0 \u00ab&nbsp;la&nbsp;\u00bb sp\u00e9cialiste des circulaires devenues lignes directrices ainsi qu\u2019aux principes &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/2021\/04\/30\/une-sainte-laique-selon-le-ta-de-nimes-genevieve-les-gendarmes-du-gard\/\" class=\"more-link\">Read More<span class=\"screen-reader-text\"> \u00ab\u00a0Une sainte la\u00efque selon le TA de N\u00eemes : Genevi\u00e8ve &#038; les gendarmes du Gard\u00a0\u00bb<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":430,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-421","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-en-avant"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/421","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=421"}],"version-history":[{"count":12,"href":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/421\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":535,"href":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/421\/revisions\/535"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/430"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=421"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=421"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=421"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}