{"id":203,"date":"2021-04-30T20:14:00","date_gmt":"2021-04-30T18:14:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.laicites.fr\/?p=203"},"modified":"2021-05-02T20:50:23","modified_gmt":"2021-05-02T18:50:23","slug":"lavis-dit-marteaux-1ere-decision-laique-du-mois-mai-2021","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/2021\/04\/30\/lavis-dit-marteaux-1ere-decision-laique-du-mois-mai-2021\/","title":{"rendered":"L&rsquo;avis dit Marteaux : 1\u00e8re d\u00e9cision la\u00efque du mois (mai 2021)"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.journal-du-droit-administratif.fr\/\">En partenariat \u00e9troit avec le Journal du Droit Administratif<\/a><\/strong>, <strong><a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/la-decision-laique-du-mois\/\">tous les mois, en moyenne, le LAIC-La\u00efcit\u00e9(s) compte mettre en ligne et en avant au moins une d\u00e9cision juridictionnelle d\u2019actualit\u00e9 ou dont on c\u00e9l\u00e8brera \u00ab&nbsp;l\u2019anniversaire&nbsp;\u00bb<\/a><\/strong> ; l\u2019ensemble de ces d\u00e9cisions aura alors vocation \u00e0 rejoindre le recueil pr\u00e9torien pr\u00e9cit\u00e9. Vous trouverez ci-dessous la liste des d\u00e9cisions retenues \u00e0 partir du mois de mai 2021, date de cr\u00e9ation du pr\u00e9sent site Internet. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"169\" src=\"http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/JDA600169LGT.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-123\" srcset=\"http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/JDA600169LGT.jpg 600w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/JDA600169LGT-300x85.jpg 300w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/JDA600169LGT-595x169.jpg 595w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/JDA600169LGT-213x60.jpg 213w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator aligncenter is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"has-vivid-purple-color has-text-color wp-block-heading\">mai 2021<\/h2>\n\n\n\n<p>CE, Avis, [req. 217017] 03 mai 2000, <em><strong>Julie Marteaux<\/strong>&nbsp;<\/em>; (la\u00efcit\u00e9 et fonctions publiques)&nbsp;; [<a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/J\/J2000-CE-217017.pdf\">J2000-CE-217017<\/a>]&nbsp;; <strong><a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/2021\/04\/25\/lavis-dit-marteaux-1ere-decision-laique-du-mois-mai-2021\/\">Pr\u00e9sentation par le Pr. Touzeil-Divina<\/a><\/strong> ; <\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator is-style-default\"\/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/500700MTD01.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-263\" width=\"419\" height=\"586\" srcset=\"http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/500700MTD01.jpg 500w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/500700MTD01-214x300.jpg 214w, http:\/\/www.laicites.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/500700MTD01-43x60.jpg 43w\" sizes=\"auto, (max-width: 419px) 100vw, 419px\" \/><figcaption><br>par <strong>Mathieu TOUZEIL-DIVINA<\/strong>, <br><em>professeur de droit public \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Toulouse 1 Capitole, membre du Collectif L\u2019Unit\u00e9 du Droit, membre du LAIC-La\u00efcit\u00e9(s)<\/em> [photo UT1 \u00a9]<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator is-style-default\"\/>\n\n\n\n<h3 class=\"has-vivid-purple-color has-text-color wp-block-heading\">Pr\u00e9sentation : <\/h3>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re d\u00e9cision choisie par le LAIC-La\u00efcit\u00e9(s) pour inaugurer la chronique La\u00efcit\u00e9(s) du Journal du Droit Administratif est l&rsquo;un des plus c\u00e9l\u00e8bres avis contentieux du Conseil d&rsquo;Etat en mati\u00e8re la\u00efque. Les \u00e9l\u00e9ments qui suivent et le pr\u00e9sentent ne sont pas un \u00ab\u00a0commentaire\u00a0\u00bb \u00e0 proprement parler mais un simple expos\u00e9 le plus objectif possible des \u00e9l\u00e9ments factuels et normatifs \u00e0 retenir. <\/p>\n\n\n\n<p>Rendu le 03 mai 2000, \u00e0 la suite d&rsquo;une saisine pour avis contentieux du Palais Royal par le Tribunal administratif de Ch\u00e2lons-en-Champagne (en application de l&rsquo;art. 12 de la Loi n\u00b087-1127 du 31 d\u00e9cembre 1987), l&rsquo;avis dit Juliette Marteaux (du nom de la requ\u00e9rante initiale) \u00e9nonce plusieurs principes express\u00e9ment repris par suite par les gouvernants (par le biais de circulaires et autres notes de service) puis par le L\u00e9gislateur fran\u00e7ais lui-m\u00eame pour g\u00e9rer la question la\u00efque confront\u00e9e aux agents publics. Concr\u00e8tement, Mme Marteaux cherchait \u00e0 annuler un arr\u00eat\u00e9 du recteur de son acad\u00e9mie (Reims) ayant mis fin \u00e0 ses fonctions de surveillante int\u00e9rimaire \u00e0 temps complet. Et, n&rsquo;osant trancher directement la question, le tribunal administratif de Ch\u00e2lons en avait pos\u00e9 les trois questions suivantes \u00e0 la plus haute juridiction : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab\u00a01\u00b0) les exigences tenant aux principes de la la\u00efcit\u00e9 de l&rsquo;Etat et de la neutralit\u00e9 des services publics qui fondent l&rsquo;obligation de r\u00e9serve incombant \u00e0 un agent public, doivent-elles \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9es en fonction de la nature des services publics concern\u00e9s ; <\/p><p>2\u00b0) dans le cas du service public de l&rsquo;enseignement, convient-il de distinguer suivant que l&rsquo;agent assure ou non des fonctions \u00e9ducatives et, dans cette \u00e9ventualit\u00e9, suivant qu&rsquo;il exerce ou non des fonctions d&rsquo;enseignement ; <\/p><p>3\u00b0) convient-il, dans certains cas, d&rsquo;op\u00e9rer une distinction entre les signes religieux selon leur nature ou le degr\u00e9 de leur caract\u00e8re ostentatoire ?\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Tr\u00e8s concr\u00e8tement (pour le cas de Mme Marteaux), le juge avait estim\u00e9 que : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab\u00a0le fait pour un agent du service de l&rsquo;enseignement public de manifester dans l&rsquo;exercice de ses fonctions ses croyances religieuses, notamment en portant un signe destin\u00e9 \u00e0 marquer son appartenance \u00e0 une religion, constitue un manquement \u00e0 ses obligations ;Les suites \u00e0 donner \u00e0 ce manquement, notamment sur le plan disciplinaire, doivent \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9es par l&rsquo;administration sous le contr\u00f4le du juge, compte tenu de la nature et du degr\u00e9 de caract\u00e8re ostentatoire de ce signe, comme des autres circonstances dans lesquelles le manquement est constat\u00e9 ;\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>En cons\u00e9quence, non seulement, le Conseil d&rsquo;Etat condamnait de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale tout acte de pros\u00e9lytisme religieux par un agent public de l&rsquo;enseignement public mais il faisait pr\u00e9c\u00e9der ces termes de consid\u00e9rations encore plus g\u00e9n\u00e9rales selon lesquelles : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab\u00a0Il r\u00e9sulte des textes constitutionnels et l\u00e9gislatifs que le principe de libert\u00e9 de conscience ainsi que celui de la la\u00efcit\u00e9 de l\u2019Etat et de neutralit\u00e9 des services publics s\u2019appliquent \u00e0 l\u2019ensemble de ceux-ci ;<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>&#8230; ajoutant ensuite s&rsquo;agissant de l&rsquo;Education nationale : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Si les agents du service de l\u2019enseignement public b\u00e9n\u00e9ficient comme tous les autres agents publics de la libert\u00e9 de conscience qui interdit toute discrimination dans l\u2019acc\u00e8s aux fonctions comme dans le d\u00e9roulement de la carri\u00e8re qui serait fond\u00e9e sur leur religion, le principe de la\u00efcit\u00e9 fait obstacle \u00e0 ce qu\u2019ils disposent, dans le cadre du service public, du droit de manifester leurs croyances religieuses\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>CE, Avis, [req. 217017] 03 mai 2000, <em><strong>Julie Marteaux<\/strong>&nbsp;<\/em>; (la\u00efcit\u00e9 et fonctions publiques)&nbsp;; [<a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/J\/J2000-CE-217017.pdf\">J2000-CE-217017<\/a>].<\/p>\n\n\n\n<p>Par suite, ce sera donc (en 2016) l&rsquo;article 25 de la Loi dite statutaire n\u00b0 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires qui disposera que : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab\u00a0Le fonctionnaire exerce ses fonctions avec dignit\u00e9, impartialit\u00e9, int\u00e9grit\u00e9 et probit\u00e9. <br>Dans l&rsquo;exercice de ses fonctions, il est tenu \u00e0 l&rsquo;obligation de neutralit\u00e9.<br>Le fonctionnaire exerce ses fonctions dans le respect du principe de la\u00efcit\u00e9. A ce titre, il s&rsquo;abstient notamment de manifester, dans l&rsquo;exercice de ses fonctions, ses opinions religieuses.<br>Le fonctionnaire traite de fa\u00e7on \u00e9gale toutes les personnes et respecte leur libert\u00e9 de conscience et leur dignit\u00e9.<br>Il appartient \u00e0 tout chef de service de veiller au respect de ces principes dans les services plac\u00e9s sous son autorit\u00e9. Tout chef de service peut pr\u00e9ciser, apr\u00e8s avis des repr\u00e9sentants du personnel, les principes d\u00e9ontologiques applicables aux agents plac\u00e9s sous son autorit\u00e9, en les adaptant aux missions du service\u00a0\u00bb.<\/p><cite>Art. 25 (modifi\u00e9 par l&rsquo;art. 1er de la Loi n\u00b02016-483 du 20 avril 2016. <\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>&#8230; les principes, d\u00e9gag\u00e9s par l&rsquo;avis dit Marteaux, ont ainsi et d\u00e9sormais valeur l\u00e9gislative. Au pr\u00e9alable, m\u00eame, a-t-on \u00e9voqu\u00e9 supra, ces principes avaient d&rsquo;abord \u00e9t\u00e9 repris par les gouvernants au moyen de plusieurs actes parar\u00e9glementaires dont : <\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>la circulaire DHOS\/G n<sup>o<\/sup>&nbsp;2005-57 du 2&nbsp;f\u00e9vrier&nbsp;2005 relative \u00e0 la la\u00efcit\u00e9 dans les \u00e9tablissements de sant\u00e9 (sp\u00e9cialement donc pour les h\u00f4pitaux &amp; cliniques) <\/li><li>mais aussi de mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 travers la circulaire du 15 mars 2017 relative au respect du principe de la\u00efcit\u00e9 dans la fonction publique (NOR: RDFF1708728C).<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Comme dans la plupart des normes en mati\u00e8re la\u00efque on rel\u00e8vera alors le raisonnement en deux temps du juge administratif : <\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>d&rsquo;abord il rappelle et \u00e9nonce que les agents publics sont libres de croire (ou de ne pas croire) et cons\u00e9quemment d&rsquo;adopter \u00e0 titre individuel une religion, un culte mais ce, de fa\u00e7on priv\u00e9e ; sur ce point les agents publics sont des citoyens \u00e0 part enti\u00e8re ; leur libert\u00e9 de conscience est consacr\u00e9e et prot\u00e9g\u00e9e et implique la prohibition (et potentiellement la sanction) de tout acte ou fait discriminant un agent public eu \u00e9gard \u00e0 ses seules croyances ; <ul><li>est ainsi prohib\u00e9e toute discrimination en faveur ou au d\u00e9triment d\u2019un agent du seul fait de sa croyance religieuse r\u00e9elle ou pr\u00e9sum\u00e9e et ce, tant lors du recrutement<a href=\"#_ftn1\">[A1]<\/a> que lors du d\u00e9roulement de sa carri\u00e8re<a href=\"#_ftn2\">[A2]<\/a>.<\/li><\/ul><\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>ensuite, l&rsquo;avis Marteaux \u00e9nonce que les services publics (quelle que soit leur nature pour reprendre l&rsquo;une des questions du Tribunal Administratif auteur de la saisine et donc qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de services administratifs ou m\u00eame industriels et commerciaux (spa &amp; spic)) sont soumis, comme l&rsquo;est le service public de l&rsquo;enseignement public, aux principes de neutralit\u00e9 (religieuse) et de la\u00efcit\u00e9 ; principes impliquant que les agents publics ne puissent faire \u00e9tat de leur foi. Puisqu\u2019ils incarnent la fonction et le service publics, ils doivent faire dispara\u00eetre, en service, leur identit\u00e9 et leur croyances religieuses au seul profit de l\u2019action publique et de l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral neutres et la\u00efques. Tout comportement pros\u00e9lyte d\u2019agent public en est cons\u00e9quemment sanctionn\u00e9 ce qui est l\u2019application m\u00eame de l\u2019art. 25 de la Loi statutaire <em>pr\u00e9c<\/em>. ou encore du pr\u00e9sent avis <em>Marteaux <\/em>l\u2019ayant inspir\u00e9. <ul><li>Est ainsi prohib\u00e9 le fonctionnaire qui fait publiquement usage de son adresse \u00e9lectronique professionnelle (engageant ainsi et <em>a minima <\/em>l\u2019image de son employeur public la\u00efque) dans un cadre associatif religieux<a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>. <\/li><li>Il en est de m\u00eame de ceux distribuant en service des \u00e9crits religieux sur supports mat\u00e9riels<a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a> ou num\u00e9riques<a href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>. <\/li><li>S\u2019applique \u00e9galement en la mati\u00e8re le contentieux fourni du port \u2013 interdit \u2013 des habits sacerdotaux ou religieux par des agents publics en service ce qui est, par exemple, le cas du <em>hidjab<\/em> et ce, non seulement dans des services publics g\u00e9r\u00e9s par des personnes publiques<a href=\"#_ftn4\">[4]<\/a> mais encore \u2013 m\u00eame \u2013 par des personnes priv\u00e9es<a href=\"#_ftn5\">[5]<\/a>. Il n\u2019en est en revanche, heureusement, pas de m\u00eame s\u2019agissant du seul port de la barbe contrairement \u00e0 ce que d\u2019aucuns \u2013 y compris en jurisprudence \u2013 avaient estim\u00e9<a href=\"#_ftn6\">[6]<\/a>.<\/li><\/ul><\/li><\/ul>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator is-style-default\"\/>\n\n\n\n<p>Nota bene : les \u00e9l\u00e9ments d\u00e9gag\u00e9s dans le pr\u00e9sent avis et repris par suite dans les normes plus traditionnelles pr\u00e9c. s&rsquo;applique non seulement aux agents fonctionnaires des trois fonctions publiques fran\u00e7aises soumis aux Lois statutaires issues de la Loi du 13 juillet 1983 mais encore aux contractuels de droit public des services publics (art. 32 du titre 1er du statut g\u00e9n\u00e9ral). <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading\"><strong>En r\u00e9sum\u00e9 : peu importe le signe religieux,<br>peu importe le statut de l&rsquo;agent, <br>peu importe la nature du service public, <br>peu importent m\u00eame les intentions du travailleur, <br>la manifestation publique ext\u00e9rieure et religieuse d&rsquo;un agent public en service public est interdite.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator is-style-default\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[A1]<\/a> Est ainsi annul\u00e9 le concours d\u2019officiers de police au terme duquel le jury avait interrog\u00e9 un candidat sur ses pratiques confessionnelles familiales&nbsp;: CE, 10 avril 2009&nbsp;; <em>M.<\/em> <em>El Haddioui<\/em>, n\u00b0 311888, Rec. 158.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\">[A2]<\/a> De jurisprudence constante, est ainsi prohib\u00e9 tout refus d\u2019\u00e9volution de carri\u00e8re (comme en l\u2019esp\u00e8ce la titularisation d\u2019une institutrice suppl\u00e9ante) du seul fait des croyances religieuses de l\u2019agent&nbsp;: <a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/J\/J1950-CE-98284.pdf\">CE, 03 mai 1950, <em>Demoiselle Jamet&nbsp;<\/em>; req. 98284&nbsp;; Rec. 247<\/a>. Plus r\u00e9cemment, le juge de cassation a m\u00eame tr\u00e8s \u00e9tonnamment valid\u00e9 le fait qu\u2019un pr\u00eatre devienne m\u00eame Pr\u00e9sident d\u2019une Universit\u00e9 la\u00efque ce qui n\u2019est pourtant pas une \u00e9volution de carri\u00e8re mais une \u00e9lection comme administrateur (CE, 27 juin 2018, <em>Syndicat national de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur Snesup-Fsu<\/em> (req. 419595) avec nos obs. <em>in Jcp G <\/em>; 09 juillet 2018&nbsp;; n\u00b0 27, p. 07 et s.).<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator is-style-default\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> CE, 15 oct. 2003, <em>Odent<\/em>&nbsp;; req. 244428&nbsp;; Rec. 402.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> CE, 19 f\u00e9vrier 2009, <em>Bouvier&nbsp;; <\/em>n\u00b0 311633&nbsp;; Rec. T. 813.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> CAA de Versailles, 30 juin 2016, <em>C. c. Commune de Sceaux&nbsp;<\/em>; req. 15VE00140.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> En ce sens&nbsp;: CAA de Lyon, 27 nov. 2003, <em>Najet Ben Abdallah<\/em>&nbsp;; req. 03LY0192 ou TA de Toulouse, ord., 17 avril 2009, <em>Sabrina T. c. Universit\u00e9 Toulouse III Paul Sabatier<\/em>&nbsp;; req. 091424. C\u2019est aussi ce qu\u2019a confirm\u00e9 le juge europ\u00e9en des droits de l\u2019Homme&nbsp;: Cedh, 26 nov. 2015, <em>Christiane Ebrahimian c. France&nbsp;<\/em>; req. n\u00b064846\/11 et qu\u2019a rappel\u00e9 le Conseil d\u2019Etat dans sa formation consultative (\u00e0 la demande et sur saisine du D\u00e9fenseur des droits) dans son \u00e9tude dat\u00e9e du 19 d\u00e9c. 2013&nbsp;; sp\u00e9c. p. 28.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a> Cass., Soc., 19 mars 2013, <em>Cpam de Seine-Saint-Denis<\/em>&nbsp;; req. 12-11.690. La jurisprudence de la m\u00eame chambre et dite <em>Baby-Loup<\/em> (du m\u00eame jour&nbsp;; req. 11-28.845) a m\u00eame \u00e9tendu cette obligation de neutralit\u00e9 \u00e0 des organes non express\u00e9ment qualifi\u00e9s de services publics mais dont le r\u00e8glement int\u00e9rieur le permet (ce qu\u2019a repris explicitement l\u2019art. L 1321-2-1 du Code du travail modifi\u00e9 \u00e0 la suite de la Loi dite El Khomri du 08 ao\u00fbt 2016).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a> En ce sens&nbsp;: CE, 12 f\u00e9vr. 2020, <em>M. B. c. Centre hospitalier de Saint-Denis<\/em>&nbsp;; req. 418299&nbsp;; avec nos obs.&nbsp;: \u00ab&nbsp;Au nez et \u00e0 la barbe des juges du fond, le Conseil d\u2019Etat rappelle (enfin) qu\u2019en soi porter la barbe n\u2019est ni ill\u00e9gal ni contraire au principe de La\u00efcit\u00e9&nbsp;\u00bb <em>in Jcp A&nbsp;<\/em>; 24 f\u00e9vrier 2020&nbsp;; n\u00b0 08 ; p. 03 et s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En partenariat \u00e9troit avec le Journal du Droit Administratif, tous les mois, en moyenne, le LAIC-La\u00efcit\u00e9(s) compte mettre en ligne et en avant au moins une d\u00e9cision juridictionnelle d\u2019actualit\u00e9 ou dont on c\u00e9l\u00e8brera \u00ab&nbsp;l\u2019anniversaire&nbsp;\u00bb ; l\u2019ensemble de ces d\u00e9cisions aura alors vocation \u00e0 rejoindre le recueil pr\u00e9torien pr\u00e9cit\u00e9. Vous trouverez ci-dessous la liste des d\u00e9cisions &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/2021\/04\/30\/lavis-dit-marteaux-1ere-decision-laique-du-mois-mai-2021\/\" class=\"more-link\">Read More<span class=\"screen-reader-text\"> \u00ab\u00a0L&rsquo;avis dit Marteaux : 1\u00e8re d\u00e9cision la\u00efque du mois (mai 2021)\u00a0\u00bb<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":279,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[34],"tags":[],"class_list":["post-203","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-decision-laiqiue-du-mois"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/203","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=203"}],"version-history":[{"count":18,"href":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/203\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":418,"href":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/203\/revisions\/418"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/279"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=203"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=203"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.laicites.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=203"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}